Un capitaine de quinze ans/I/12

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Hetzel (p. 103-114).

CHAPITRE XII

à l’horizon.


À cette date, la tempête prit sa forme la plus terrible, celle de l’ouragan. Le vent avait halé le sud-ouest. L’air se déplaçait avec une vitesse de quatre-vingt-dix milles[1] à l’heure.

C’était bien un ouragan, en effet, un de ces coups de vent terribles, qui jettent à la côte tous les navires d’une rade, et auxquels, même à terre, les
Une rafale plus violente s’abattit en ce moment… (Page 103.)

constructions les plus solides ne peuvent résister. Tel fut celui qui, le 23 juillet 1825, dévasta la Guadeloupe. Lorsque de lourds canons de vingt-quatre sont enlevés de leurs affûts, que l’on songe à ce que peut devenir un bâtiment qui n’a d’autre point d’appui qu’une mer démontée ! Et cependant, c’est à sa mobilité seule qu’il peut devoir son salut ! Il cède aux poussées du vent, et, pourvu qu’il soit solidement construit, il est en état de braver les plus violents coups de mer. C’était le cas du Pilgrim.

Quelques minutes après que le hunier eut été mis en pièces, le petit foc fut emporté à son tour. Dick Sand dut alors renoncer à établir même un tourmentin, petite voile de forte toile, qui aurait rendu le navire plus facile à gouverner.

Le novice sorti de sa poche un revolver. (Page 107.)

Le Pilgrim courait donc à sec de toile, mais le vent avait prise sur sa coque, sa mâture, son gréement, et il n’en fallait pas plus pour lui imprimer encore une excessive rapidité. Quelquefois même, il semblait émerger des flots, et c’était à croire qu’il les effleurait à peine.

Dans ces conditions, le roulis du navire, ballotté sur les énormes lames que soulevait la tempête, était effrayant. Il y avait à craindre de recevoir quelque monstrueux coup de mer par l’arrière. Ces montagnes d’eau couraient plus vite que le brick-goélette et menaçaient de le frapper en poupe, s’il ne s’élevait pas assez vite. C’est là un extrême danger pour tout navire qui fuit devant la tempête.

Mais que faire pour parer à cette éventualité ? On ne pouvait imprimer au Pilgrim une vitesse plus considérable, puisqu’il n’aurait pas conservé le moindre morceau de toile. Il fallait donc essayer de le maintenir autant que possible au moyen du gouvernail, dont l’action était souvent impuissante.

Dick Sand ne quittait plus la barre. Il s’était amarré au milieu du corps, afin de ne pas être emporté par quelque coup de mer. Tom et Bat, attachés aussi, se tenaient prêts à lui venir en aide. Hercule et Actéon, cramponnés aux bittes, veillaient à l’avant.

Quant à Mrs. Weldon, au petit Jack, au cousin Bénédict, à Nan, ils restaient, par ordre du novice, dans les cabines de l’arrière. Mrs. Weldon aurait préféré demeurer sur le pont, mais Dick Sand s’y était opposé formellement, car c’eût été s’exposer sans nécessité.

Tous les panneaux avaient été hermétiquement condamnés. On devait espérer qu’ils résisteraient, au cas où quelque formidable paquet de mer tomberait à bord. Si, par malheur, ils cédaient sous le poids de ces avalanches, le navire pouvait emplir et sombrer. Très heureusement aussi, l’arrimage avait été fait convenablement, de telle sorte que, malgré la bande effroyable que donnait le brick-goélette, son chargement ne se déplaçait pas.

Dick Sand avait encore réduit le nombre d’heures qu’il donnait au sommeil. Aussi, Mrs. Weldon en vint-elle à craindre qu’il ne tombât malade. Elle obtint de lui qu’il consentît à prendre quelque repos.

Or, ce fut encore pendant qu’il était couché, dans la nuit du 13 au 14 mars, qu’un nouvel incident se produisit. Tom et Bat se trouvaient à l’arrière, lorsque Negoro, qui paraissait rarement sur cette partie du pont, s’approcha et sembla même vouloir lier conversation avec eux ; mais Tom et son fils ne lui répondirent pas.

Tout d’un coup, dans un violent coup de roulis, Negoro tomba, et il aurait été sans doute jeté à la mer, s’il ne se fût retenu à l’habitacle.

Tom poussa un cri, craignant que la boussole n’eût été cassée.

Dick Sand, dans un instant d’insomnie, entendit ce cri, et, se précipitant hors du poste, il accourut sur l’arrière.

Negoro s’était déjà relevé, mais il tenait dans sa main le morceau de fer qu’il venait d’ôter de dessous l’habitacle, et il le fit disparaître avant que Dick Sand ne l’eût aperçu.

Negoro avait-il donc intérêt à ce que l’aiguille aimantée reprît sa direction vraie ? Oui, car ces vents de sud-ouest le servaient maintenant !…

« Qu’y a-t-il ? demanda le novice.

— C’est ce cuisinier de malheur qui vient de tomber sur la boussole ! » répondit Tom.

À ces mots, Dick Sand, inquiet au plus haut point, se pencha sur l’habitacle… Il était en bon état, et le compas, éclairé par les lampes, reposait toujours sur ses deux cercles concentriques.

Le cœur du jeune novice se desserra. Le bris de l’unique boussole du bord eût été un malheur irréparable.

Mais ce que Dick Sand n’avait pu observer, c’est que, depuis l’enlèvement du morceau de fer, l’aiguille avait repris sa position normale et indiquait exactement le nord magnétique, tel qu’il devait être sous ce méridien.

Toutefois, si l’on ne pouvait rendre Negoro responsable d’une chute qui semblait être involontaire, Dick Sand avait raison de s’étonner qu’il fût, à cette heure, à l’arrière du bâtiment.

« Que faites-vous là ? lui demanda-t-il.

— Ce qui me plaît, répondit Negoro.

— Vous dites !… s’écria Dick Sand, qui ne put retenir un mouvement de colère.

— Je dis, répondit le maître-coq, qu’il n’y a pas de règlement qui défende de se promener sur l’arrière !

— Eh bien, ce règlement, je le fais, répondit Dick Sand, et je vous interdis, à vous, de venir à l’arrière !

— Vraiment ! » répondit Negoro.

Cet homme, si maître de lui, fit alors un geste de menace.

Le novice tira de sa poche un revolver, et le dirigeant sur le maître-coq :

« Negoro, dit-il, sachez bien que ce revolver ne me quitte pas, et qu’au premier acte d’insubordination, je vous casserai la tête ! »

En ce moment, Negoro se sentit irrésistiblement courbé jusqu’au pont.

C’était Hercule, qui venait simplement de poser sa lourde main sur son épaule.

« Capitaine Sand, dit le géant, voulez-vous que je jette ce coquin par-dessus le bord ? Ça régalera les poissons, qui ne sont pas difficiles !

— Pas encore », répondit Dick Sand.

Negoro se releva, dès que la main du noir ne pesa plus sur lui. Mais, en passant devant Hercule :

« Nègre maudit, murmura-t-il, tu me le payeras ! »

Cependant, le vent venait de changer, ou du moins il semblait avoir sauté de quarante-cinq degrés. Et pourtant, chose singulière, qui frappa le novice, rien dans l’état de la mer n’indiquait ce changement. Le navire avait toujours le même cap, mais le vent et les lames, au lieu de le prendre directement par l’arrière, le frappaient maintenant par la hanche de bâbord, — situation assez dangereuse, qui expose un bâtiment à recevoir de mauvais coups de mer. Aussi Dick Sand fut-il obligé de laisser porter de quatre quarts pour continuer à fuir devant la tempête.

Mais, d’autre part, son attention était éveillée plus que jamais. Il se demandait s’il n’y avait pas quelque rapport entre la chute de Negoro et le bris du premier compas. Qu’était venu faire là le maître-coq ? Est-ce qu’il avait un intérêt quelconque à ce que la seconde boussole fût aussi mise hors de service ? Quel aurait pu être cet intérêt ? Cela ne s’expliquait en aucune façon. Negoro ne devait-il pas désirer, comme tous le désiraient, d’accoster le plus tôt possible la côte américaine ?

Lorsque Dick Sand parla de cet incident à Mrs. Weldon, celle-ci, bien qu’elle partageât sa méfiance dans une certaine mesure, ne put trouver de motif plausible à ce qui aurait été une criminelle préméditation de la part du maître-coq.

Cependant, par prudence, Negoro fut très surveillé. Du reste, il tint compte des ordres du novice, et il ne se hasarda plus à venir sur l’arrière du bâtiment, où son service ne l’appelait jamais. D’ailleurs, Dingo y fut installé en permanence, et le cuisinier n’eut garde de l’approcher.

Pendant toute la semaine, la tempête ne diminua pas. Le baromètre baissa encore. Du 14 au 26 mars, il fut impossible de profiter d’une seule accalmie pour installer quelques voiles. Le Pilgrim fuyait dans le nord-est avec une vitesse qui ne pouvait être inférieure à deux cents milles par vingt-quatre heures, et la terre ne paraissait pas ! Et cependant, cette terre, c’était l’Amérique, qui est jetée comme une immense barrière entre l’Atlantique et le Pacifique, sur une longueur de plus de cent vingt degrés !

Dick Sand se demanda s’il n’était pas fou, s’il avait encore le sentiment du vrai, si, depuis tant de jours, à son insu, il ne courait pas dans une direction fausse ! Non ! il ne pouvait s’abuser à ce point ! Le soleil, bien qu’il ne pût l’apercevoir dans les brumes, se levait toujours devant lui pour se coucher derrière lui ! Mais alors, cette terre, avait-elle donc disparu ? Cette Amérique, sur laquelle son navire se briserait peut-être, où était-elle, si elle n’était pas là ? Que ce fût le continent sud ou le continent nord, — car tout était possible dans ce chaos, — le Pilgrim ne pouvait manquer l’un ou l’autre ! Que s’était-il passé depuis le début de cette effroyable tempête ? Que se passait-il encore, puisque cette côte, qu’elle fût le salut ou la perte, n’apparaissait pas ? Dick Sand devait-il donc supposer qu’il était trompé par sa boussole, dont il ne pouvait plus contrôler les indications, puisque le second compas lui manquait pour faire ce contrôle ? En vérité, il eut cette crainte que pouvait justifier l’absence de toute terre !

Aussi, lorsqu’il n’était plus à la barre, Dick Sand ne cessait-il de dévorer la carte des yeux ! Mais il avait beau l’interroger, elle ne pouvait lui donner le mot d’une énigme qui, dans la situation que Negoro lui avait faite, était incompréhensible pour lui, comme elle l’eût été pour tout autre !

Ce jour-là, pourtant, 21 février, vers huit heures du matin, il se produisit un incident de la plus haute gravité.

Hercule, de vigie à l’avant, fit entendre ce cri :

« Terre ! terre ! »

Dick Sand bondit vers le gaillard d’avant. Hercule, qui ne pouvait avoir des yeux de marin, ne se trompait-il pas ?

« La terre ! s’écria Dick Sand.

— Là », répondit Hercule, en montrant un point presque imperceptible à l’horizon dans le nord-est.

On s’entendait à peine parler au milieu des mugissements de la mer et du ciel.

« Vous avez vu la terre ?… dit le novice.

— Oui », répondit Hercule en affirmant de la tête. Et sa main se tendit encore vers bâbord devant.

Le novice regardait… Il ne voyait rien.

À ce moment, Mrs. Weldon, qui avait entendu le cri poussé par Hercule, monta sur le pont, malgré sa promesse de ne point y venir.

« Mistress !… » s’écria Dick Sand.

Mrs. Weldon, ne pouvant se faire entendre, essaya, elle aussi, d’apercevoir cette terre signalée par le noir, et semblait avoir concentré toute sa vie dans ses yeux.

Il faut croire que la main d’Hercule indiquait mal le point de l’horizon qu’il voulait montrer, car ni Mrs. Weldon, ni le novice ne purent rien voir.

Mais, tout à coup, Dick Sand étendit la main à son tour.

« Oui ! oui ! terre ! » dit-il.

Une sorte de sommet venait d’apparaître dans une éclaircie des brumes. Ses yeux de marin ne pouvaient le tromper.

« Enfin ! s’écria-t-il, enfin ! »

Il se tenait fiévreusement au bastingage. Mrs. Weldon, soutenue par Hercule, ne cessait de regarder cette terre presque inespérée.

La côte, formée par ce haut sommet, se relevait alors à dix milles sous le vent par bâbord. L’éclaircie s’étant complètement faite dans une déchirure des nuages, on la revit plus distinctement. C’était sans doute quelque promontoire du continent américain. Le Pilgrim, sans voiles, n’était pas en état de pointer sur lui ; mais il ne pouvait manquer d’y atterrir.

Ce ne devait plus être qu’une question de quelques heures. Or, il était huit heures du matin. Donc, bien certainement, avant midi, le Pilgrim serait près de la terre.

Sur un signe de Dick Sand, Hercule reconduisit à l’arrière Mrs. Weldon, car elle n’aurait pu résister à la violence du tangage.

Le novice resta un instant encore à l’avant, puis, il revint à la barre, près du vieux Tom.

Il voyait donc enfin cette côte, si tardivement reconnue, si ardemment désirée ! mais c’était maintenant avec un sentiment d’épouvante !

En effet, dans les conditions où se trouvait le Pilgrim, c’est-à-dire fuyant devant la tempête, la terre sous le vent, c’était l’échouage avec toutes ses terribles éventualités.

Deux heures se passèrent. Le promontoire se montrait alors par le travers du navire.

À ce moment, on vit Negoro monter sur le pont. Cette fois, il regarda la côte avec une extrême attention, remua la tête en homme qui saurait à quoi s’en tenir, et redescendit, après avoir prononcé un nom que personne ne put entendre.

Dick Sand, lui, cherchait à apercevoir le littoral qui devait s’arrondir en arrière du promontoire.

Deux heures s’écoulèrent. Le promontoire se dressait par bâbord derrière, mais la côte ne se dessinait pas encore.

Cependant, le ciel s’éclaircissait à l’horizon, et une haute côte, telle que devait précisément être la terre américaine, bordée par l’énorme chaîne des Andes, eût été visible de plus de vingt milles.

Dick Sand prit sa longue-vue et la promena lentement sur tout l’horizon de l’est.

Rien ! Il ne voyait plus rien !

À deux heures après-midi, toute trace de terre s’était effacée en arrière du Pilgrim. En avant, la lunette ne pouvait saisir un profil quelconque d’une côte haute ou basse.

Un cri échappa alors à Dick Sand, et, quittant aussitôt le pont, il descendit précipitamment dans la cabine où se tenait Mrs. Weldon avec le petit Jack, Nan et cousin Bénédict. « Une île ! ce n’était qu’une île ! dit-il.

— Une île, Dick ! mais laquelle ? demanda Mrs. Weldon.

— La carte nous le dira ! » répondit le novice.

Et, courant au poste, il en rapporta la carte du bord.

« Là, mistress Weldon, là ! dit-il. Cette terre dont nous avons eu connaissance, ce ne peut être que ce point perdu au milieu du Pacifique ! ce ne peut être que l’île de Pâques ! Il n’y en a pas d’autres dans ces parages !

— Et nous l’avons déjà laissée en arrière ? demanda Mrs. Weldon.

— Oui, bien au vent à nous ! »

Mrs. Weldon regardait attentivement l’île de Pâques, qui ne formait qu’un point imperceptible sur la carte.

« Et à quelle distance est-elle de la côte américaine ?

— À trente-cinq degrés.

— Ce qui fait ?…

— Environ deux mille milles.

— Mais le Pilgrim n’a donc pas marché, puisque nous sommes encore si éloignés du continent ?

— Mistress Weldon, répondit Dick Sand, qui passa un instant sa main sur son front comme pour concentrer ses idées, je ne sais… je ne puis expliquer ce retard incroyable !… Non ! je ne puis… à moins que les indications de la boussole n’aient été fausses !… Mais cette île ne peut être que l’île de Pâques, puisque nous avons dû fuir vent arrière dans le nord-est, et il faut remercier le Ciel, qui m’a permis de relever notre position. Oui ! c’est l’île de Pâques ! Oui ! elle est encore à deux mille milles de la côte ! Je sais enfin où nous a poussés la tempête, et, si elle s’apaise, nous pourrons accoster avec quelques chances de salut le continent américain ! Maintenant, du moins, notre navire n’est plus perdu sur l’immensité du Pacifique ! »

Cette confiance, que témoignait le jeune novice, fut partagée de tous ceux qui l’entendaient parler. Mrs. Weldon, elle-même, se laissa gagner. Il semblait vraiment que ces pauvres gens fussent au bout de leurs peines, et que le Pilgrim, se trouvant au vent de son port, n’eût plus qu’à attendre la pleine mer pour y entrer !

L’île de Pâques, — de son véritable nom Vaï-Hou, — découverte par David en 1686, visitée par Cook et Lapérouse, est située par 27° de latitude sud et 112° de longitude est. Si le brick-goélette avait été ainsi entraîné de plus de quinze
« Vous avez vu la terre ?… » dit le novice. (Page 109.)

degrés au nord, cela était évidemment dû à cette tempête du sud-ouest devant laquelle il avait été obligé de fuir.

Donc, le Pilgrim était encore à deux mille milles de la côte. Toutefois, sous l’impulsion de ce vent qui soufflait en foudre, il devait en moins de dix jours avoir atteint un point quelconque du littoral du Sud-Amérique.

Mais ne pouvait-on espérer, ainsi que l’avait dit le novice, que le temps deviendrait plus maniable, et qu’il serait possible d’établir quelque voile, lorsqu’on aurait connaissance de la terre ?

C’était encore l’espoir de Dick Sand. Il se disait que cet ouragan, qui durait depuis tant de jours, finirait peut-être par se « tuer ». Et maintenant que, grâce
« Dick, mon cher enfant, mon capitaine ! » dit Mrs. Weldon. (Page 115.)

au relèvement de l’île de Pâques, il connaissait exactement sa position, il était fondé à croire que, redevenu maître de son bâtiment, il saurait le conduire en lieu sûr.

Oui ! d’avoir eu connaissance de ce point isolé au milieu de la mer, comme par une faveur providentielle, cela avait rendu confiance à Dick Sand. S’il allait toujours au caprice d’un ouragan, qu’il ne pouvait maîtriser, du moins, il n’allait plus tout à fait en aveugle.

Le Pilgrim, d’ailleurs, solidement construit et gréé, avait peu souffert pendant ces rudes attaques de la tempête. Ses avaries se réduisaient uniquement à la perte du hunier et du petit foc, — perte qu’il serait aisé de réparer. Pas une goutte d’eau n’avait pénétré par les coutures bien étanches de la coque et du pont. Les pompes étaient parfaitement franches. Sous ce rapport, il n’y avait rien à craindre.

Restait donc cet interminable ouragan dont rien ne semblait devoir modérer la fureur. Si, dans une certaine mesure, Dick Sand pouvait mettre son navire en état de lutter contre la tourmente, il ne pouvait ordonner à ce vent de mollir, à ces lames de s’apaiser, à ce ciel de se rasséréner. À bord, s’il était « maître après Dieu », hors du bord, Dieu seul commandait aux vents et aux flots.


  1. Environ 166 kilomètres.