Une épopée babylonienne/I.8

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I
ANALYSE DU POÈME
COMPLAINTE FUNÈBRE SUR EABANI ; SON ÉVOCATION ; LES ENFERS.
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Rentré dans Uruk, après une aussi cruelle déception, Gilgamès ne paraît pas avoir repris goût à la vie. Dans son isolement, plus vive lui revint la douleur. qu’il avait ressentie de la perte de son ami, plus grande aussi sa frayeur devant cette perspective d’une mort désormais inévitable. Dans son esprit inquiet, interminablement, il roulait les mêmes pensées sombres, pleurant tour à tour sur Eabani et sur lui-même, car, la pitié n’allait point en lui sans égoïsme, et le souvenir deson ami lui remettait sans cesse sous les yeux l’image de la mort. Plus de doute, il aurait lui aussi, Gilgamès, le même sort déplorable qu’Eabani. Mais quel était donc ce sort qui l’attendait ? quelle était au juste la condition des morts dans l’autre vie ? S’il pouvait savoir seulement... ! Ainsi, en cette âme primitive, aux sentiments mêlés de pitié et d’égoïsme, venait se joindre encore cet instinct de curiosité, qui poussa l’homme, dès les premiers jours, à s’enquérir anxieusement des choses de l’autre monde.

Nous le voyons d’abord, absorbé tout entier dans sa douleur, entonner un chant de deuil en l’honneur de son ami, — une triste mélopée, modulée sur un rythme grave, où sans cesse revient, parmi les souvenirs glorieux et familiers, avec la monotonie d’un refrain, le thème éternel de la mort : « Hélas ! Eabani, nous ne te verrons plus te diriger vers le temple, revêtu de blancs vêtements, ni t’oindre de la graisse du taureau dont l’odeur exquise faisait courir après toi ! Nous ne te verrons plus tendre l’arc meurtrier contre tes ennemis, ni t’avancer majestueusement, le sceptre en main, car voici que t’enveloppent de toutes parts ceux que tu as frappés, et que les mânes te poursuivent de leurs malédictions ! Tu ne lieras plus à tes pieds des sandales, et tu n’adresseras plus de fière provocation à la terre ! Désormais, il ne te sera point donné d’embrasser la femme que tu aimes, ni de battre la femme que tu détestes ! Non, il ne te sera point donné d’embrasser le fils que tu aimes, ni de battre le fils que tu détestes ! Hélas, hélas ! la terre en rugissant s’est refermée sur toi ! Tu es devenu la proie de la sombre, de la noire mère, la déesse Nin-a-zu, la ténébreuse, d’aspect mystérieux et redoutable, avec son visage voilé et sa poitrine de taureau ! [1] »

Gilgamès, dans son affliction, cria sa plainte à tous les échos. Il courut de sanctuaire en sanctuaire s’adresser à tous ses dieux, espérant trouver auprès d’eux consolation et secours...

Prosterné aux pieds du dieu Nin-gul, il lui confia sa peine : « Autrefois, hélas ! il était loisible à Eabani d’embrasser la femme qu’il aimait, et de battre la femme qu’il détestait ! Oui, il lui était loisible d’embrasser le fils qu’il aimait, et de battre le fils qu’il détestait ! Hélas, hélas ! la terre en rugissant s’est refermée sur lui ! Il est devenu la proie de la sombre, de la noire mère, la déesse Nin-a-zu, la ténébreuse, d’aspect redoutable, avec son visage voilé et sa poitrine de taureau ! Voici que maintenant Eabani est descendu de la terre aux enfers... Il est mort d’une mort lamentable ! Ce n’est point le dieu Namtar qui l’a enlevé, ni un démon qui l’a emporté, la terre l’a pris ! Ce n’est point le ministre de Nergal impitoyable qui l’a ravi, la terre l’a pris ! Si, du moins, il avait été frappé avec les braves sur le champ de bataille, non, la terre l’a pris ! » Si émouvante était la prière de Gilgamès que le dieu Nin-gul en fut touché, et versa des larmes sur Eabani, son serviteur [2].

Sans doute, le dieu Nin-gul était impuissant à donner remède à sa peine, car, aussitôt après, nous voyons Gilgamès se diriger tout seul vers le temple de Bel, et recommencer sa supplication : « Mon père, ô dieu Bel, me voici à tes pieds, brisé, anéanti par la douleur ! Eabani est descendu de la terre aux enfers... Il est mort d’une mort lamentable ! Ce n’est point le dieu Namtar qui l’a enlevé, ni un démon qui l’a emporté, la terre l’a pris ! Ce n’est point le ministre de Nergal impitoyable qui l’a ravi, la terre l’a pris ! Si, du moins, il avait été frappé avec les braves sur le champ de bataille, non, la terre l’a pris ! » Sa supplication, hélas ! demeura encore une fois sans réponse. [3] Alors, affolé, Gilgamès courut vers le dieu Sin, vers le dieu Ea. Ainsi que Bel, Sin et Ea se montrèrent insensibles à ses larmes [4].

Enfin, dans son désespoir, il s’adressa au dieu des enfers lui-même, au guerrier, au héros Nergal : « O toi, Nergal, s’écria-t-il, guerrier, héros, relâche le cercle qui maintient l’univers, de grâce, entrouvre la terre, afin que l’ombre d’Eabani, s’élance, comme un souffle, hors du tombeau ! » Sa prière, cette fois, ne fut point vaine. En effet, le guerrier, le héros Nergal, ayant relâché le cercle qui maintient l’univers, la terre s’entr’ouvrit, et aussitôt, l’ombre d’Eabani s’élança, comme un souffle, hors du tombeau...[5]

Ainsi, ils se retrouvaient en présence l’un de l’autre Gilgamès et Eabani, ou plutôt, la pâle image, l’ombre de ce qui fut Eabani. Tout entier à ses préoccupations, le héros ne prit pas seulement le temps de manifester la joie qu’il éprouvait de revoir son ami, après une aussi longue séparation, et, allant droit au fait, sans autre préambule, il le supplia de lui révéler les mystères d’outre-tombe : « Dis-moi, mon ami, oh ! oui, mon ami, dis le moi ; de grâce, entr’ouvre la terre sous mes yeux et raconte moi ce que tu as vu là-bas aux enfers ! » Eabani opposa d’abord quelque résistance : « Je ne te le dirai point, mon ami, non, je ne te le dirai point, car si j’ontr’ouvrais la terre sous tes yeux et si je te racontais ce que j’ai vu là-bas aux enfers, que de pleurs, hélas ! tu verserais ! » Gilgamès insista : « Eh bien ! je pleurerai, qu’importe ? » Alors Eabani, sans se faire prier plus longtemps, se rendit à ses désirs... [6]

Mais, avant d’en venir au récit détaillé de ce qu’il avait vu aux enfers, il s’emporta, dans une violente imprécation, contre Zaïdu, le chasseur perfide, et contre Samhatu, la fallacieuse courtisane, qui avait causé son malheur : « Toi, Zaïdu, puissé-je te voir abattu et sans force ! Et toi aussi Samhatu, puissé-je te voir emmurée dans la vaste prison des enfers, traquée de toutes parts, dépouillée de tes charmes, privée d’abri, gisant énervée et sans vie ! [7] »

Après avoir ainsi déversé le trop plein de son cœur, Eabani entama la description des enfers — un morceau d’une haute portée religieuse, sur lequel vécurent sans doute de longues générations d’hommes, où se trouvent exprimées les croyances du vieux monde sémitique sur la vie future, ses craintes et ses espérances ; un vaste tableau sans perspective, partagé, à la façon d’un bas-relief antique, en deux registres, où s’étage au-dessus de la foule des morts misérables, le petit nombre des bienheureux : « Mon ami, le lieu où je suis descendu est un lieu de ténèbres, la demeure d’Irkalla. C’est la maison où l’on entre pour ne plus en sortir, le chemin où l’on s’engage sans retour. Malheureux sont ceux qui l’habitent ! Privés de lumière, ils sont réduits à se nourrir de poussière et de boue. Ils sont vêtus d’ailes, à la façon des oiseaux... Jamais ils ne voient le jour, toujours ils sont plongés dans la nuit. Je suis entré, mon ami, dans cette maison et j’y ai rencontré des rois, les anciens maîtres de la contrée, ceux à qui Anu et Bel ont assuré le renom et une gloire durable sur la terre, non loin de l’abîme d’où jaillissent les eaux vives. Dans cette même maison, j’ai vu s’agiter pêle-mêle le seigneur et le noble, le pontife et l’homme puissant, le gardien de l’abîme des grands dieux, et Etana, et Ner, et Allât, la souveraine des enfers... [8] »

Peu à peu le récit s’anime.. Maintenant Eabani déroule le merveilleux spectacle de ses souvenirs, nets et précis comme des visions, que Gilgamès, l’attention surexcitée, suit, pour ainsi dire, avec de grands yeux tout ébahis : «Vois-tu, Gilgamès ? — Oui, je vois ! — Étendu sur un lit de repos, il boit l’eau pure, celui qui a été tué dans la bataille. Vois-tu, Gilgamès ? — Oui, je vois ! — Son père et sa mère soutiennent sa tête et sa femme se penche sur lui avec amour... Celui au contraire dont le cadavre gît sans sépulture dans la plaine, vois-tu, Gilgamès ? — Oui, je vois ! — celui dont l’ombre ne repose point dans la terre, et est laissée à l’abandon, vois-tu Gilgamès ? — oui, je vois ! — eh bien ! celui-là est réduit à manger les débris des plats, les reliefs de la table, tout ce qui est jeté à la voirie ! [9] » Ainsi, devant Gilgamès, une voie de salut restait ouverte : chercher une mort glorieuse dans de nouveaux combats, tout en ayant soin de se ménager des amis, dont le cœur lui restât fidèle jusque dans la mort [10].

Telle est la conclusion de ce poème, bien faite pour inspirer l’amour des vertus guerrières et le respect des morts, ces deux sentiments sur lesquels reposait toute la vie antique, digne couronnement d’une œuvre destinée à glorifier la race et la religion chaldéennes.


* * *


COMPLAINTE FUNÈBRE SUR EABANI ; SON ÉVOCATION ; LES ENFERS. [11]

 
[Tab. XII.] ………………………………………
[Col. I.] ………………………………………
10 ………………………………………
Gilgamès ………………………………
si, à ………………………………
au temple ………………………………
un blanc vêtement ………………………………
15 comme un ami ………………………………
Tu ne te frotteras plus de la graisse onctueuse du taureau,
dont l’odeur suave rassemblait (les hommes) autour de toi !
Tu ne dirigeras plus l’arc contre la terre,
car, voici que (de toutes parts) t’enveloppent ceux que l’arc a frappés !
20 Tu ne porteras plus le sceptre en main,
l’ekim [12] te poursuit de sa malédiction !
Tu ne lieras plus à tes pieds des sandales,
tu n’adresseras plus de provocation à la terre !
Tu n’embrasseras plus la femme que tu aimes,
25 la femme que tu détestes, tu ne la battras plus !
Tu n’embrasseras plus le fils que tu aimes,
le fils que tu détestes, tu ne le battras plus !
La terre rugissante s’est emparée de toi,
la sombre, la noire mère, la déesse Nin-a-zu, la ténébreuse,
30 dont le front n’est point revêtu d’un voile brillant,
dont la poitrine ne crie point (?), comme celle du taureau, (sous la piqûre) du taon (?).


[Tab. XII.] ………………………………
[Col. II.] …………………… les(?) son ……
………………………………………
………………………………………
5 ……………………………… son ………
………………………………………
……………………………… son ………
……………………………… ils sont revenus,
……………………………… son ………
10 ………………………………………
………………………………………
15 Il a embrassé la femme qu’il aime,
la femme qu’il déteste, il l’a battue !
Il a embrassé le fils qu’il aime,
le fils qu’il déteste, il l’a battu !
La terre rugissante s’est emparée de lui,
20 la sombre, la noire mère, la déesse Nin-a-zu [13], la ténébreuse,
dont le front n’est point revêtu d’un voile brillant,
dont la poitrine ne crie point (?), comme celle du taureau, (sous la piqûre) du taon (?).
Voici que Eabani (est descendu) de la terre vers les ténèbres !
Le dieu Namtar [14] ne l’a pas enlevé, l’asak ne l’a pas emporté, c’est la terre qui l’a pris !
25 Le rabis [15] de Nergal [16] impitoyable ne l’a pas ravi, c’est la terre qui l’a pris !
Il n’a point été frappé avec les braves sur le champ de bataille, c’est la terre qui l’a pris !
……… le dieu Nin-gul [17] pleura sur le sort d’Eabani, son serviteur.
Vers …… le temple de Bel, il se rendit tout seul :
« Mon père, ô dieu Bel, le tambûkku m’a jeté à terre !
30 Le mîkkê [18] m’a jeté à terre !

[Tab. XII.] Eabani, celui qui (est descendu)vers les ombres, …
[Col. III.] le dieu Namtar ne l’a pas enlevé, l’asak (?) ne l’a pas emporté, c’est la terre qui l’a pris !ק
Le rabis de Nergal impitoyable ne l’a pas ravi, c’est la terre qui l’a pris !
Il n’a point été frappé avec les braves sur le champ de bataille, c’est la terre qui l’a pris ! »
5 Le père Bel ne répondit pas ………………
« Mon père, ô dieu Sin, le tambûkku m’a jeté à terre !
Le mîkké m’a jeté à terre !
Eabani, celui qui (est descendu) vers les ombres, …
le dieu Namtar ne l’a pas enlevé, l’asak (?) ne l’a pas emporté, c’est la terre qui l’a pris !
10 Le rabis de Nergal impitoyable ne l’a pas ravi,
c’est la terre qui l’a pris !
Il n’a point été frappé avec les braves sur le
champ de bataille, c’est la terre qui l’a pris ! »
Le dieu Namtar ne l’a pas enlevé, l’asak (?) ne
l’a pas emporté, c’est la terre qui l’a pris !
Le rabis de Nergal impitoyable ne l’a pas ravi, c’est la terre qui l’a pris !
Il n’a point été frappé avec les braves sur le champ de bataille, c’est la terre qui l’a pris ! »
20 Le père Ea ………………………………
Vers le guerrier, le héros, Nergal, …………
« Guerrier, héros, ô dieu Nergal, ………………
détends (?) le cercle (du monde) (?), et entr’ouvre la terre, que l’ombre d’Eabani, comme un souffle (?), sorte de terre !
25 A côté (?) ……………………………… »
Le guerrier, le héros, Nergal, .
détendit (?) le cercle (du monde) (?), et entr’ouvrit
la terre ; l’ombre d’Eabani, comme un souffle (?), sortit de terre !
Ils rugirent et ……………………………
30 ils résolurent, il s’opposa.

[Tab. XII.] — « Dis-moi, mon ami, oh ! oui, mon ami, dis-le moi ;
[Col. IV.] ouvre la terre (devant moi), raconte-moi ce que tu as vu ! »
— « Je ne te le dirai pas, mon ami, non je ne te le dirai pas ;
si j’ouvrais la terre (devant toi), si je te racontais ce que j ai vu,
5……………………… assieds-toi, pleure ! »
— ……… que je m’asseoie, que je pleure !
Son … tu as touché et son cœur a été en joie,
……………… vieux le ver est entré,
……… tu as touché et ton cœur a été en joie,
10 ……………… rempli de poussière,
……………………………… [………]
……………………….…… [………]
……………………………… je vois,
………………………………………
……………………………………… »

[Tab. XII.] Pareil à un beau surînnu ………………
[Col. V.] ………………………………………

[Tab. XII.] — « Celui qui avec un ……… bariolé ……… l’as-tu vu ? — Je le vois !
[Col. VI.] — J’affaiblis (?) pour (?)………………
qui ……………………………………… l’as-tu vu ? — Je le vois !
— Étendu sur un lit, il boit l’eau pure,
5 celui qui a été tué dans la mêlée, l’as-tu vu ? — Je le vois !
— Son père et sa mère soutiennent sa tête,
et sa femme (penchée) au-dessus …………
Celui dont le cadavre gît dans la plaine, l’as-tu vu ? — Je le vois !
— dont l’ekim ne repose pas dans la terre,
celui dont l’ekim n’a point de protecteur, l’as-tu vu ? — Je le vois !
10 — (celui-là mange) les débris des plats, les reliefs de la table, il mange ce qui est jeté à la voirie ! »

Douzième tablette. Histoire (?) de Gilgamès.

Copie certifiée conforme au texte ancien.
15 Palais ………………………………………

[Tab. XII.] « … affaiblis-le, anéantis sa force [………]
[Col. (?) a.] …………… son …… en ta présence,
……………… qu’il sorte devant (?) ! »
…… Zaïdu …… le trop plein de son cœur,
5 … Samhatu … qui apporta la malédiction :
«…… Samhatu …… qu’elle te place,
……… ils n’ont pas frappé contre ………………
……… qu’elle t’enferme dans la vaste prison,
……… comme le glaive, que dans sa force elle te serre de près,
10 ………… bêtes, la demeure de ton choix,
……………………………… de ton approche,
……………………………… des servantes,
………………………………qu’elle dépouille,
……………………………… qu’elle mêle,
15 ……………………………… eux de l’ensemble,
……………………………………… elle,
……………………… placé (?) dans la maison,
……………… le chemin, que ce soit ta demeure,
……………………… que ce soit ta résidence,
20 ……………………………… tes pieds,
………………………………ta puissance,
………………………………qu’elle dise,
………………………………ils ont donné,
………………………………………
25 ………………………………………
………………………………………

[Tab. XII.] «………………………………………
[Col.(?) b.] ………………………………………
……………………………… il m’a ramené,
……………………………… comme un oiseau à mon côté,
…… il m’a fait descendre dans un lieu de ténèbres, la demeure d’Irkalla,
30 dans la maison où l’on entre pour ne plus en sortir,
dans le chemin où l’on s’engage sans retour.
Les habitants de ce lieu sont privés de lumière,
ils vivent de poussière et se nourrissent de boue,
ils sont vêtus d’ailes, à la façon des oiseaux,
35 ils ne voient pas le jour, ils sont assis dans la nuit.
……………………………… où je suis entré,
……… (ceux qui) ont ceint (?) la couronne,
………… les porteurs de couronnes qui,
aux jours antiques, gouvernèrent la contrée,
……………… (à qui) Anu et Bel assurèrent
le renom et une gloire durable,
40 là (aussi) se trouvent les eaux bouillonnantes, s’épandent les eaux jaillissantes.
Dans la maison, mon ami, où je suis entré,
demeurent le seigneur et le noble,
le pontife et l’homme puissant,
le gardien de l’abîme des grands dieux
45 et Etana et le dieu Ner.
………… la souveraine des enfers Allat [19],
……… la souveraine des enfers, prosternée devant elle.
……………… et elle parla en sa présence,
……………………… sa tête, elle me vit,
50 ……………………… l’homme prit cela. »




Notes[modifier]

  1. Tab. XII. Col. I, l. 11-31.
  2. Tab.XII. Col. II, l. 15-27.
  3. Tab. XII. Col. II, l. 28-30 et Col III, l. 1-5.
  4. Tab XII. Col III, l. 6-20.
  5. Tab. XII. Col. III, l. 21-28. Les l. 29-30 qui terminent cette colonne sont très obscures.
  6. Tab. XII. Col IV, l. 1-6. Les l. 7-13 sont fragmentaires et partant très obscures.
  7. Tab. XII. Col. (?) a, l. 1-23.
  8. Tab. XII. Col. (?) b, l. 29-47. Les l1. 48-50 qui terminent cette colonne sont très obscures à cause de leur état fragmentaire.
  9. Tab. XII, Col. VI, 1 4 10. Les 1-3 sont très obscures à cause de leur état fragmentaire.
  10. Ce morceau, à cause de sa forme lyrique même, pourrait être regardé comme une vision prophétique des félicités réservées à Gilgamès dans l’autre vie. Ainsi l’épopée se terminerait sur une sorte d’apothéose idéale du héros.
  11. La douzième tablette, à cause de son importance même, a été l’objet de plusieurs travaux en France, en Angleterre et en Allemagne. En dehors des essais de G. Smith (Assyrian discoveries ; Chaldean account of Genesis, 1876. Cf. édit. Delitzsch, 1876 et Sayce, 1880), Chad Boscawen en a donné une étude complète (Notes on the Religion and Mythology of the Assyrians dans les Transactions of the Society of Biblical Archaelogy,1876. Cf. Records of the Past. IX). Depuis, ce texte a été repris, en partie ou en totalité, par J. Halévy (La croyance à l’immortalité de l’âme chez les peuples sémitiques dans les Mélanges de critique et d’histoire, 1883), Alf. Jeremias (Die babylonisch-assyrischen Vorstellungen vom Leben nach dem Tode, 1887), Cyrus Adler (On the views of the Babylonians concerning Life after Death dans les Proceedings of the American Oriental Society, 1887), P. Haupt (Die zwölfte Tafel des babylonischen Nimrod-Epos dans Beiträge zur Assyriologie, 1889, vol. 1) enfin par Alf. Jeremias (Izdubar-Nimrod, 1891).
  12. L’ekim chez les Babyloniens correspond à l’image (εἰδωλον) des Grecs, à l’ombre (umbra) des Latins.
  13. An-nin-a-zu « la maîtresse de l’eau profonde (?) »
  14. An-nam-tar « le dieu qui décide du sort. »
  15. Une espèce de démon au service de Nergal.
  16. An-ugur « seigneur du creux infernal (?) »
  17. An-nin-gul « seigneur de destruction (?) »
  18. Les mots tambûkku et mîkké paraissent être des personnifications de maladies particulières, dont Gilgamès se sert ici, pour exprimer la dissolution et l’anéantissement de tout son être dans la douleur. Comp. héb. בקק et מקק.
  19. A-nin-ki-gal « la maîtresse de la grande terre. »




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