Une épopée babylonienne/II.2.4

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II
ÉTUDE SUR LE CARACTÈRE ET L'ÂGE DU POÈME
CARACTÈRES PARTICULIERS.
IV. L’ÉCRITURE, LA LANGUE ET LA VERSIFICATION.
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L’écriture, employée dans la transcription de l’épopée de Gilgamès, est l’écriture cursive ordinaire babylonienne et assyrienne. Assurbanipal, en effet, avait pris soin d’en faire rédiger plusieurs exemplaires, les uns, en caractères babyloniens, les autres, en caractères assyriens, sans doute pour les diverses catégories de lecteurs.

Le poème tout entier est conçu dans le dialecte babylonien, lequel diffère du dialecte ninivite, parla prédominance des consonnes douces (b, dy z, g), sur les consonnes fortes (p, t, s y k).

Quant à la versification, on chercherait vainement ici quelque chose, qui ressemblât de près ou de loin à la mesure et au rhythme. Le poème se compose de versets coupés en général suivant le sens, dont l’ensemble constitue une sorte de récitatif. L’allure poétique est marquée par les répétitions, qui, tantôt, forment une simple reprise, tantôt, tombent en cadence, à la manière d’un refrain. On y trouve, en outre, des traces nombreuses de parallélisme, non de ce parallélisme savant, tel qu’on le rencontre chez les poètes hébreux, fondé sur la gradation et l’alternance habilement ménagées des idées et des mots, mais d’un parallélisme encore rudimentaire, consistant à peu près uniquement dans la répétition de la même pensée sous une forme différente. Voici, d’ailleurs, quelques exemples empruntés à la onzième tablette :

 
Je vais, Gilgamès te découvrir le mystère,
et te révéler le décret des dieux.
                                                   XI, 9-10.
Argile, argile ; amas de poussière, amas de poussière !
Argile, écoute ; amas de poussière, entends !
                                                   XI, 21-22.
Le Dieu Bel m’a repoussé, il m’a rejeté ;
aussi, je ne veux point séjourner dans votre ville,
je ne veux point poser ma tête sur la terre de Bel.
Je vais descendre vers la mer, et demeurer auprès d’Ea, mon seigneur.
                                                   XI, 39-42.
Je m’affaissai et m’assis en pleurant,
les larmes coulèrent sur mes joues.
                                                   XI, 137-138.




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