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Vie de Benjamin Franklin/Volume 1/02

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F. Buisson (Ip. 287-291).


Extrait du Testament de Benjamin Franklin.

Quant à mes livres, ceux que j’avois en France, et ceux que j’avois laissés à Philadelphie étant maintenant tous rassemblés ici, et le catalogue en étant fait, mon intention est d’en disposer de la manière suivante.

Je lègue à la société philosophique de Philadelphie, dont j’ai l’honneur d’être président, l’Histoire de l’académie des sciences, en soixante ou soixante-dix volumes in-4o. — Je donne à la société philosophique américaine qui est établie à la Nouvelle-Angleterre, et dont je suis membre, la collection in-folio des Arts et Métiers. L’édition in-4o du même ouvrage sera remise de ma part à la compagnie de la bibliothèque de Philadelphie. — Je donne à mon petit-fils Benjamin Franklin Bache, tous ceux de mes livres, à côté desquels j’ai mis son nom dans le catalogue ci-dessus mentionné ; et à mon petit-fils William Bache, tous ceux auxquels son nom sera également ajouté. Ceux qui seront désignés avec le nom de mon cousin Jonatham Williams, seront donnés à ce parent. — Je lègue à mon petit-fils, William Temple Franklin, le reste de mes livres, mes manuscrits et mes papiers. — Je donne à mon petit-fils, Benjamin Franklin Bache, mes droits dans la compagnie de la bibliothèque de Philadelphie, ne doutant pas qu’il ne permette à ses frères et à ses sœurs d’en jouir comme lui.

Je suis né à Boston, dans la Nouvelle-Angleterre, et je dois mes premières connoissances en littérature aux libres écoles de grammaire qui y sont établies. C’est pourquoi je laisse à mes exécuteurs testamentaires, cent livres sterlings, pour qu’elles soient remises, par eux, ou par ceux qui les remplaceront, aux directeurs des libres écoles de ma ville natale. J’entends que les directeurs, ou les personnes qui ont la surintendance libres écoles, placent cette somme à intérêt perpétuel, afin de l’employer tous les ans à faire frapper des médailles d’argent, qui seront distribuées aux élèves pour leur servir de récompense et d’encouragement ; et cela de la manière que les notables de la ville de Boston jugeront convenable.

Je charge mes exécuteurs testamentaires, ou leurs successeurs, de prélever sur les honoraires qui me sont redus, comme président de l’état de Pensylvanie, deux mille livres sterlings, et de les compter aux personnes, qu’un acte de la législature nommera pour les recevoir en dépôt, afin qu’elles soient employées à rendre le Skuylkil navigable.

Tandis que j’ai été marchand de papier, imprimeur et directeur de la poste, j’ai fait crédit à beaucoup de personnes, pour des livres, des insertions d’avis, des ports de lettres et d’autres objets pareils. L’assemblée de Pensylvanie m’ayant fait partir en 1757 pour aller être son agent en Angleterre, où, j’ai rempli ce poste jusqu’en 1775, et à mon retour, étant immédiatement occupé des affaires du congrès, et envoyé en France en 1776, où j’ai séjourné neuf ans, je n’ai pu réclamer les sommes ci-dessus que depuis mon retour en 1786, et ce sont, en quelque sorte, des créances surannées, quoique justes. Cependant elles se trouvent détaillées dans mon grand livre, coté E ; et je les lègue aux administrateurs de l’hôpital de Pensylvanie, espérant que les débiteurs, ou leurs successeurs, qui font à présent quelque difficulté d’acquitter ces dettes, parce qu’ils les croient trop anciennes, voudront pourtant bien en compter le montant, comme une charité, en faveur de l’excellente institution de l’hôpital. —

Je suis persuadé que plusieurs de ces dettes seront inévitablement perdues : mais je me flatte qu’on en recouvrera beaucoup. Il est possible aussi que quelques-uns des débiteurs, ayant à réclamer de moi le montant d’anciens comptes. En ce cas, les administrateurs de l’hôpital voudront bien en faire la déduction, et en payer la solde, si c’est moi qui la dois.

Je prie mes amis Henry Hyll, John Jay, Francis Hopkinson et M. Edward Duffield, de Bonfield dans le comté de Pensylvanie, d’être les exécuteurs de mes dernières volontés ; c’est pourquoi je les nomme dans le présent testament.

Je désire d’être enterré, avec le moins de dépense et de cérémonie qu’il sera possible,

À Philadelphie, le 17 juillet 1788.
B. Franklin.