Vie de Napoléon/55

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Texte établi par Henri Martineau, Le Livre du divan (Napoléon. Tome Ip. 225-226).


CHAPITRE LV


Quand l’empereur entreprit la guerre de Russie, elle était populaire en France, depuis que la faiblesse de Louis XV avait laissé partager la Pologne. La France restant avec la même population au milieu de souverains qui, tous, augmentaient la leur, il fallait tôt ou tard qu’elle reprît la première place, ou qu’elle fût réduite à la seconde. Il fallait à tous les souverains une guerre heureuse avec la Russie pour lui ôter les moyens d’envahir le Midi de l’Europe. N’était-il pas naturel de profiter du moment où un grand homme de guerre occupait le trône de France et compensait les immenses désavantages de ce pays ?

Outre ces raisons générales, la guerre de 1812 était une conséquence naturelle du traité de Tilsitt ; et Napoléon avait la justice de son côté. La Russie, qui avait promis d’exclure les marchandises anglaises, ne put pas remplir son engagement. Napoléon arma pour la punir de la violation d’un traité auquel elle devait son existence, que Napoléon aurait pu détruire à Tilsitt. Désormais les souverains sauront qu’il ne faut jamais épargner un souverain vaincu.