Vingt-quatre Sonnets/Chaînes d’Amour

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Traduction par Francis de Miomandre.
Vingt-quatre SonnetsFrançois Bernouard (p. 30-31).




Chaînes d’Amour




Dans le cristal de ta divine main, de l’amour j’ai bu le très doux poison : nectar de feu dont je crus en vain, par l’absence, apaiser dans mon sein la brûlure.

Ainsi, belle Claudie, ton doux regard du tyrannique enfant n’est que le harpon d’or : plus je m’éloigne de lui et plus dans ma pauvre poitrine j’en souffre la blessure.

Tes chaînes tombent à mes pieds : au bruit de chaque anneau je pleure davantage cet exil, qui me perd d’autant plus qu’il m’éloigne de toi.

Quand donc viendra ce jour, ô séraphique femme, où, seulement par méprise, tu viendrais délier de tes mains de cristal ces nœuds de fer ?

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