Wikisource:Carnets de guerre

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Des carnets de guerre inédits de 1914-1918, conservés par les familles de poilus ont été offerts à la numérisation et diffusion lors de l'opération de la « Grande collecte 1914-1918 ». Chacun est invité, chaque jour, à 100 ans de distance, à transcrire et revivre avec eux, à divers endroits du front, la Grande Guerre et honorer ainsi leur mémoire et celle de leurs camarades...

Institutions partenaires des familles[modifier]

La liste est amenée à s'étoffer avec toute institution et particulier qui souhaite mettre en ligne des carnets libres de droits.

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Marin, Jean AD 71, FRAD071-153 04/08/1914 28/08/1914 31 Jean Marin, cultivateur, est né à Varennes-sous-Dun (Saône-et-Loire) le 31 juillet 1887. Sous le matricule militaire 570, bureau de Mâcon, classe 1907, il est appelé le 4 aout 1914 en tant que caporal dans le 234e de ligne. Il tient un carnet au jour le jour, du 4 au 28 août 1914, date présumée de sa mort. Est indiqué sur ce carnet qu’il a été trouvé le 30 octobre 1914 par Philibert Foudon du 8e d’artillerie à pied d’Odenas-Brouilly (Rhône), sur la commune de Saulcy-sur-Meurthe et Entre-deux-Eaux (Vosges) dans les prés que borde la route de Mandray. Ce carnet est resté inédit jusque 2014. Carnet original et transcription
Édition achevée Texte validé
Labbé, Albert AD 62, FRAD062-035 02/08/1914 16/02/1915 77 Originaire de Pas-en-Artois où ses parents tenaient le premier café-cinéma d'Artois, le jeune Albert s'engage à 20 ans, le 13 octobre 1913, à la mairie d'Arras. Il est affecté au 43e régiment d'infanterie. Le 16 février 1915, il est blessé dans le secteur de Beauséjour et Mesnil-les-Hurlus (Champagne) : une balle l’atteint à la tête et il est envoyé en convalescence à l’école Saint-Elme, devenue hôpital temporaire à Arcachon (de février à avril 1915). Pour cette blessure, il sera pensionné de guerre et recevra la croix de guerre. Ce carnet est resté inédit jusque 2014. Carnet original et transcription
Édition achevée Texte validé
Dondeyne, Alton AD 62, FRAD062-112 05/08/1914 26/11/1918 184 Alton Dondeyne a 28 ans lors de la mobilisation. Tout d'abord affecté au 362e RI, il participe aux campagnes les plus périlleuses du conflit : Alsace, Artois, Meuse, Somme, Yser, Verdun. Il est fait prisonnier le 1er août 1916 à Vaux Régnier (Meuse) et envoyé à Darmstadt en Allemagne où il restera jusqu'à l'armistice. De retour chez lui, il couche ses souvenirs sur papier et devient vice-président de la section de l'Union Nationale des Combattants de Liévin (certains de ses discours prononcés lors d'assemblées générales sont retranscrits en fin de carnet). Ce carnet est resté inédit jusque 2014. Carnet original et transcription
Édition achevée Texte complet et formaté, à relire
Doisy, Louis AD 62, FRAD062-078 04/08/1914 31/12/1918 443 (54, 182, 184, 18) Au début de la guerre, Louis Doisy, né en 1888, rejoint le 6e de chasseurs à cheval. Il participe à la bataille de Courtrai le 22 août 1914, aux campagnes de Champagne (1915) et de Verdun (1916) avant d'être détaché comme agent de liaison au 15e d'artillerie. En 1917, il prend part aux offensives de Craonne et gagne les Flandres. En 1918, il est gazé à Coucy-le-Château ; après un prompt rétablissement, il est envoyé sur le front de l'est. Ces carnets sont restés inédits jusque 2014. Carnets originaux et transcriptions : 1914-1915, 1917, 1918, Souvenirs de campagne 1914-1915
Édition des 4 volumes en cours Texte incomplet
Poutrain, Alexandre AD 62, FRAD062-093 04/07/1870 11/11/1918 644 (138, 281, 71, 79, 75) En 1939, à la demande de ses enfants, Alexandre Poutrain (1862-1941) rassemble les souvenirs des deux guerres qu'il a traversées (1870 et 1914-1918). Maire de Croisilles dans le Pas-de-Calais de 1908 à 1925, ses cahiers fourmillent d'anecdotes sur l'administration d'une commune pendant la Grande guerre, notamment sur les questions de ravitaillement et sur les relations entretenues avec l'occupant. Ces carnets sont restés inédits jusque 2014. Carnets originaux et transcriptions : n° 1, n° 2, n° 3, n° 4, n° 5
Édition des 5 volumes achevés Texte validé
Chollet, Émile AD 37, FRAD037_ 4NUM131_0064 23/01/1917 03/071918 130 Quand la guerre éclate, le tourangeau Émile Chollet suit à Paris des cours d’architecture dans l’atelier de Victor Laloux. En 1914, il est incorporé, à 19 ans au 1er Régiment de Génie comme sapeur. Il est blessé le 1er juillet 1916 par éclat d’obus devant Dompierre (Somme) et évacué à l’hôpital de Berck-Plage. De retour sur le front le 3 août 1916, il est nommé caporal la même année puis affecté à l’armée d’Orient du 2 janvier 1917 au 16 septembre 1918. Il embarque à Marseille le 2 janvier 1917 avec le 2e Régiment de Génie et débarque à Salonique le 10 janvier. Il est nommé sergent le 22 février 1917 en chef de bataillon commandant le Génie de la 11ème D.I.C. Il est évacué pour maladie du 25 septembre au 2 novembre 1917. L’album photographique qu’il a réalisé mentionne les noms de lieux de Baresani, Porodine en Macédoine, et d’autres lieux : Thepapei, Guilès en Serbie. Rapatrié en France le 16 septembre 1918. Démobilisé le 19 septembre 1919, il sera décoré de la croix de guerre et de la médaille commémorative d’Orient. Il ne reprendra pas son métier d’architecte en raison de son mariage avec la fille d’un négociant en vin, il devient en 1920 à son tour négociant en vin dans le Bordelais à Saint-André-de-Cubzac. Il décède à Bordeaux en 1966. Carnet original et transcription
Édition en cours Texte incomplet
Durville, Adrienne Collection particulière 01/08/1914 ... xxx (72, 70, 72, ...) Adrienne Durville est infirmière de la Croix-Rouge (SSBM), originaire de la région parisienne. Le jour de la mobilisation, elle est d'abord envoyée avec son équipe à Belfort. En août 1915, elle rejoint avec ses amies Julie de Nanteuil et Renée des Lonchamps Gérardmer. Carnets originaux et transcriptions : n° 1, n° 2, n° 3, n° 4, ...
Édition en cours Texte incomplet
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Bibliographie[modifier]

Première guerre mondiale en littérature

Quelques passages et citations[modifier]

(En suivant la chronologie de la guerre, avec orthographe des manuscrits maintenue)

  • Octobre-novembre 1914, les terribles combats de l'Yser, par Alton Dondeyne, p. 9-10 : L'imagination est impuissante a concevoir, ce que furent les combats sur l'Yser ? Je ne sais vraiment par ou commencer pour expliquer cette tragédie infernale ! Car ce ne fut, qu'un combat sans fin, deux mois durant jour et nuit sans répit, sans relâches, attaques, contre-attaques l'une sur l'autre Quel boucherie ! les Allemands attaquant par masse a perte de vue en profondeur, des soldats verdâtres, et encore et toujours, une nuées, un bélier qui assomme ! Pauvre Insensé ! malheureux troupeaux s'avancants en brûtes ; ils sont couchés en masse là bas ? dans les Flandres, perdus, noyés, enlizés, fauchés ! Combien des yeux, sont fermés pour toujours ? Nos inimitables 75 par feux de rafales, faisaient dans leurs rangs des troués sanglantes, .... et parfois débordée par la vague mouvante alors chez nous, vaillamment et brâvant la Mort fantassins, chasseurs, zouaves, tirailleurs dans un mélange de toutes les armes, et d'un élan sublime ! On les repoussaient Quand Même !! Nos pertes furent parfois élevés, mais chez eux vue leur masse, leurs pertes était Kollosal ! Il me restera toujours de cette région des Flandres une vision d'horreur et de désolation.... !!
  • Octobre-novembre 1914, l'Yser et la soif, par Alton Dondeyne, p. 11 : Ah ! la soif, terrible souffrance ! nous avons eu soif bien souvent et cela est terrible ; pas d'eau aux environs, il était impossible de résister à la soif et nous buvions alors l'eau du canal, si on peut appeler cela de l'eau ? de la boue, ou l'on faisaient ses besoins naturels, ou l'on rejetait les restants de nourriture, ou il y avait des cadavres en putréfaction et malgré tout, nous buvions de cette eau nauséabonde.
  • Octobre-novembre 1914, les sacrifiés de l'Yser, par Alton Dondeyne, p. 11-12 : Nos zouaves avaient progressé et fait des éléments de tranchées en avant : il en est restaient malheureusement beaucoup couché pour toujours encore dans la position du travail pour commencer la tranchées, couché sur le ventre, le sac devant, la pelle-bêche a la main, quelque uns avait a peine enlevès une ou deux pelles de terre. Ah ! ceux qui sont venus et viendront par la suite et qui trouveront les tranchées toute faites, ne pourront se douter des sacrifiés ; mais ceux qui les ont commencés a cinquante ou soixante mètres de l'ennemi ; ceux là resteronts des brâves ignorés ! Cà et là les larges culottes rouges des zouaves jetés une tristesse infini !...
  • Décembre 1914, les combats d'Ypres et cris des blessés délaissés à leur l'agonie, par Alton Dondeyne, p. 21 : c'était des combats sans arrêt de jour comme de nuit. A un endroit, nous étions a trente mètres de l'Ennemi Malheur a ceux qui se trouvaient blessés entre les deux tranchées ? s'il ne pouvait revenir de ses propres moyens, ? ils étaient condamnés a périr là, de souffrance, de fièvre et de faim ! ; les boches nous empéchant d'aller chercher les blessés. J'en ai vu plusieurs ainsi qu'il a fallut abandonner a leur triste sort, tandis que nous avions le cœur torturé de leurs plaintes et lamentations, quelquefois on les voyez encore remuer après trois et quatre jours Grâce ! au secours ! a boire ! et rien à faire la fusillade continuer implacable de part et d'autre Combien ? de fois ai-je entendu ? ce cri douloureux. Maman ! Oh, ce cri ! Maman ! Maman ! le dernier cri du moribond. Maman ! dans ce mot sonne toute la vie passée toutes les tendresses perdus ! Maman !!
  • Avril 1915, à Cappy (Somme), échange de journaux avec les Allemands, par Alton Dondeyne, p. 26 : "sommes partis le 13 Avril pour la Somme, prendre les tranchées a Cappy, Fontaine-Cappy, Suzanne Lihons ect : secteur trés calme, parfois nous faisions échanges de journeaux avec les boches, qui nous passait le journal des (Pays envahis) "La Gazette des Ardennes" contre le "Petit Parisien" ou le "Matin".
  • 6 octobre 1915, ensevelis vivants dans leur abri au fortin de Souchez (Pas-de-Calais), par Alton Dondeyne, p. 30  : Une torpille tombe sur un abri, le démoli et bouche l'entrée, trente hommes sont là dedans impossible de les sauver, pour toute oraison funêbre, on met une croix à l'entrée et s'est fini. Chacun pour soi, impossible de rien faire pour les camarades. On est fou, sourd, abruti, c'est l'enfer, le feu et le sang !
  • octobre 1915, ensevelis vivants dans la boue au fortin de Souchez (Pas-de-Calais), par Alton Dondeyne, p. 32  : [...] sur terrain ferme il y a une moyenne de 80 centimètres a un mètre de boue et toujours la pluie, on prend mille précautions pour ne pas être enseveli vivant dans cette mer de boue cependant deux hommes de la Compagnie tombent dans un trou d'obus, ou une ancienne tranchée allemande et disparaissent dans la boue, et sont ensevelis avec armes et bagages, c'est leur tombeau à ces malheureux ! Triste mort !!
  • 20 mars 1916, à Pfetterhausen (Alsace), songes de poilu par soir calme, par Alton Dondeyne, p. 40 : Alors que nos après-midi sont maintenant mouvementés, les nuits sont si tranquilles que lors qu'on entend un coup de fusil isolé ca vous paraît un crime. Cette solitude est charmante... et angoissante. Et dans ce calme des ténèbres... l'on se prend a rêver... A rêver a tous ceux qui nous sont chers, a revivre sa vie, le film de sa vie nous repasse devant les yeux, depuis l'enfance jusqu'a ce jour ; l'on revoie tous les instants de bonheur ? le bonheur de l'adolescence doux moments de la vie ineffacables ! La joie d'aimer......... et de souffrir !!
  • 23 Mars 1936, le fantôme du poilu, vision d'Alton Dondeyne, lors de la cérémonie autour de la Flamme sur la Tombe du Soldat Inconnu, p. 144-147 : ... le tambour résonne, les Drapeaux s'inclinents, le silence s'établit, un frisson parcourt la foule [...] Mr Devillers [...] secoue les cendres, la flamme monte, rougeoie, s'élève activante, et comme dans une vision fugitive, l'on aperçoie tout le front de la Mer aux Vosges. les combats dans la boue, les poilus courbant le dos sous la mitraille les cadavres dans les barbelés, les attaques impétueuses de tout les soldats de la République, s'élançant contre la barbarie, pour sauver la Liberté tous ses soldats du Droit, dont le monde entier a reconnu le dévouement pour la civilisation, pour la France, pour la République. ! ! puis derrière la flamme, surgit tout a coup comme sortant du tombeau un cadavre, un Fantôme, Le Poilu, Le Sauveur, il monte, il grandit, il grandit encore, un géant, sa taille dépasse la hauteur de la Flamme il atteint les voûtes de l'Arc de Triomphe sa capote est déchiré, sanglante, il est couvert de boue, il me semble apercevoir sur les cartouchières la boue crayeuse de l'Argonne, l'argile de la Somme, la glue de l'Artois, sur l'équipement au cuir brûlé par l'hypérite... mais oui de la terre de Verdun, a la place du cœur, je vois luire en lettres de Feu- France ! mon regard porte plus haut je vois ces orbites creuses, puis sa tête semble tourner lentement vers l'Est, et le bras tendu. Il semble clamer par dessus les têtes de ses anciens frères d'armes. Regardez ! Prenez Garde ! Restez unis ! ! Le temps de reprendre la position normale, le Fantôme a disparu. la Flamme lentement descend par cascades comme a regret. Un silence poignant vous serre le cœur, comme dans un étau une griffe invisible vous serra la gorge un roulement de tambour ! C'est fini ! Comme si nous sortions d'un songe les survivants se regardent, et s'en vont lentement, sans un mot le cœur a parlé pour tous. Les paroles sont superflu, et ferait surgir des pleurs. l'émotion nous suffoquant nous descendons cette avenue des Champs Élysées jetons derrière nous un dernier regard en arrière, tout un passé d'héroïsme de Gloire et de Grandeur pour la Patrie Et là-bas, dans l'horizon qui sombre s'estompe l'Arc de Triomphe. Auréole de gloire et d'immortalité ! France, n'oublie jamais, les sacrifices de tes enfants !'