Wikisource:Extraits/2020/47

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Gabriel Monavon, Quatuor de quatrains dans Le Passe-Temps, 07 janvier 1893 ; puis dans le Journal de Vienne et de l’Isère, 29 septembre 1894


[1. Version de 1893]

QUATUOR DE QUATRAINS




LA FEMME ET LE POÈTE

quatrain dialogué
Le poète.

— Femme ! c’est par mes vers que tu deviens déesse ;
Ils couronnent ton front d’un prestige vainqueur.

La femme.

— Poète ! et c’est pourquoi, de ta voix qui caresse,
Nul écho n’a jamais vibré mieux qu’en mon cœur !…




PEINES PARTAGÉES

Sur la terre où chacun traîne son poids de chaînes,
L’amour fait supporter même un sort hasardeux…
Rire seul est moins doux que de pleurer à deux :
Une volupté naît du partage des peines !…




LE SENS DU GLAS MORTUAIRE

Le glas tinte, expliquant le rite funéraire :
Quand une âme s’envole et remonte vers Dieu,
Au vivant éploré, la cloche dit : « Espère ! »
À celui qui s’en va, la cloche dit : « Adieu !… »




L’AMOUR CRÉATEUR

De mai, jaillit un flux de merveilles fécondes ;
Les astres, de mon sein sont sortis tour à tour…
Un seul de mes baisers peut engendrer des mondes :
Je suis le créateur, puisque je suis l’amour !…



Gabriel Monavon.

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[2. Version de 1894]


QUATUOR DE QUATRAINS



L’ÂME DU POÈTE

La source est cachée au fond du bois noir…
Mystère et beauté, le ciel s’y reflète ;
Sois toujours de même un divin miroir,
Eau vive et profonde, âme du poète !


L’ATTRAIT DE L’ENFANCE

Sur les traits de l’enfant, la vie a tous ses charmes :
Sa lèvre épanouie est la fleur du baiser ;
L’œil cherche encore en vain ce sentier que les larmes,
Sur toute joue, hélas ! un jour doivent creuser !…


PLEURS ET SOURIRES

La beauté pour nous plaire et nous prendre à ses charmes,
Emploie avec tant d’art

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