Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/9
vx Avmvr-t>R0P0s originalité du langage grec, des équivalents jîançais aussi approximatfs que possible. Ce sont des tours de force à accomplir. JW. Talbot s'en est tiré si habile- ment qu’il a su rendre ces formules par des idiotismes français, ou du moins par des trouvailles qu'il afaites dans desformules consacrées duparlerpopulaire. Jlfais ces spirituelles réussites ne sontpas encore ce qui im- pot te le plus, ce qui exige le plus de sens littéraire; le tact et le goûty ont moins de part que l'adresse. Ily a des idiotismes d'un autre ordre qui afectent, non pas seulement tel passage du texte, mais le texte entier, parce qu'ils expriment et defnissent le caractère propre de lé crivain, sa démarche, en un mot son sgtle, son génie meme, qui suppose pour fondement celui de sa race. On ne comprend cvlristop/tane qu’à la condition de se faire Hellène, vïthenien, enfin cvfristophane lui—meme. Pour reproduire, au degré supérieur atteint par JW. Tal- bot, sa verve satirique, le tour et l'accent comiques de son vers, il faut étre capable de se les approprier, et la science nlv stgfit pas. Une aptitude spe'ciale est ne'ces— saire qui est le caractère méme, le tempérament moral du traducteur. Il doit se sentir dans le monde grec comme dans le sien, dans l'œuvre d’<>·1ristophane comme cher soi. Une traduction, pour etre bonne, ne se com- mande pas; c’est un témoignage de sympathie autant qu'un hommage à l’original. On ne peut comntuniquer que ce qu’on possède ou qu'on a pu faire sien; comment communiquera-t-on sans trace d'ef0rt ta la phrase fran- çaise la vivacité, l’animation qui est le sgyle meme de