Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/129

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I26 LYSISTRATA. feu, de peur que, à mon insu, il ne s’éteigne au terme de la route. O Phu! ô Phu! lou! lou! quelle fumée! Quel fléau, souverain Hèraklès, s’exhalant de ce ré- chaud, me mord les yeux comme un chien enragé! C’est le feu de Lemnos dans toute sa force; sans cela, il ne ferait pas une si cruelle morsure à ma chassie. Cours vite à la ville et secours la Déesse. Auiourd’hui plus que jamais, ô Lakhès, venons-lui en aide. Phu! Phu! lou! lou! quelle fumée! Ce feu veille, et vit, grâce aux dieux. Si nous com- mencions par déposer nos fagots et que nous fissions tomber un sarment de vigne dans le réchaud, est-ce que nous ne l’agencerions pas de manière à le lancer comme un bélier contre les portes? Si, à notre ordre, les femmes n’enlèvent_pas les barricades, il faut mettre le feu aux portes etles étouffer dans la fumée. Déposons donc notre ' fardeau. Pheu! quelle fumée! Babœax! Quel est celui des stratèges de Samos qui va nous aider à décharger notre bois? Enfin, voilà mon épine dorsale débarrassée de ce qui m’écrasait. C'est ton affaire, ô réchaud, d’en- flammer vivement le charbon. Qu’on m’apporte au plus vite une lampe allumée! Souveraine Victoire, aide-nous, en réprimant l’impudence actuelle des femmes de la ville, à ériger un trophée! LE cuotun DES 1=EMMiss. ll me semble, femmes,voir des flammes et de la fumée: on dirait un feu qui brûle; il faut se hâter au plus vite. Vole, vole, Nikodikè, avantque Kalykè et Kritylla périssent dans les flammes,victimes de lois funestes et de vieillards maudits. Cest ce que je crains. Arriverai-je trop tard à leur secours? Ce matin, dès l’aube, j’ai eu grand’peine à rem-