Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/149

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de sa maison : « Pleure, Adonis. » Et pendant ce temps, l’impie et scélérat Cholozygès criait tant qu’il pouvait. Voilà cependant les dérèglements des femmes.


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Bah, et si tu savais leur insolence à notre égard ? Non seulement elles nous ont accablés d’injures, mais elles nous ont inondés avec l’eau de leurs urnes, au point qu’il nous faut secouer nos vêtements, comme si nous avions pissé dedans.


LE MAGISTRAT.

Vous vous êtes bien attirés ce traitement, j’en jure par Neptune, car nous sommes les premiers à seconder leur perversité, et à leur donner le goût du vice : tout ce qu’elles font ne vient que de là. N’allons-nous pas dans les boutiques disant à un orfèvre, par exemple : « Tu avais fait un collier pour ma femme : il y avait un gland de fixé dans un chaton, mais hier soir, en dansant, il est tombé. Je suis forcé de partir pour Salamine ; tâche de t’échapper un soir pour aller le lui remettre. » Un autre va trouver un jeune cordonnier, solide gaillard, et lui dit : « Mon ami, la courroie blesse le petit doigt très délicat du pied de ma femme. Viens donc à la maison sur les midi, et tu la mettras plus à l’aise. » Voici ce qui résulte de tout cela : c’est que, quoique chargé de pourvoir à l’entretien des rameurs enrôlés, les femmes m’interdisent la porte[1] lorsque je me présente pour avoir de l’argent. Mais pourquoi nous tenir sans rien faire ? Qu’on me donne les leviers pour que je repousse leur influence. Eh bien, misérable, que fais-tu le nez en l’air ? Et toi, où regardes--

  1. La porte de la citadelle.