Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/151

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LE MAGISTRAT.

Qu’est-ce à dire ? Où est l’archer ? Je saurai bien vous empêcher de sortir d’ici.


AUTRE FEMME.

Par Diane de Tauride, si tu approches de cette femme, je t’arracherai les cheveux et te ferai pleurer amèrement.


LE MAGISTRAT.

Oh ! que je suis malheureux ! L’archer m’a abandonné ! Mais il ne convient pas de céder à des femmes. Ô Scythes, rangeons-nous en bataille et allons à leur rencontre.


LYSISTRATA.

Par les déesses, vous allez donc apprendre qu’il y a dans cette enceinte quatre bataillons de femmes vaillantes et bien armées.


LE MAGISTRAT.

Scythes, liez-leur les mains.


LYSISTRATA.

Accourez ici au plus vite, ô mes compagnes, vendeuses de graines, d’œufs et d’herbes, et vous, ô cabaretières, marchandes d’ail et de pain, venez, frappez, chassez, accablez d’injures ces gens-ci ! Montrez votre impudence ordinaire. (Les femmes battent les archers.) Ah, cessez, retirez-vous, ne les dépouillez pas.


LE MAGISTRAT.

Ah dieux ! Quelle rencontre fatale pour mes archers !


LYSISTRATA.

Mais que croyais-tu donc ? Avais-tu pensé n’avoir affaire qu’à des servantes ? Ou t’imaginais-tu que les femmes n’ont pas de cœur ?