Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/168

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LYSISTRATA.

Pourquoi donc emportes-tu ce casque ?


TROISIÈME FEMME.

C’était dans le dessein de me nicher dedans, comme une colombe, si j’eusse été obligée d’accoucher dans la citadelle.


LYSISTRATA.

Que dis-tu ? Tu cherches des prétextes, la chose est claire. Tu n’attendras pas dans ce casque jusqu’au cinquième jour[1] après tes couches ?


QUATRIÈME FEMME.

Je ne puis dormir dans la citadelle depuis que j’ai vu le serpent qui en est le gardien[2].


LES MÊMES, UNE CINQUIÈME FEMME.



CINQUIÈME FEMME.

Je ne puis plus y tenir : les cris continuels des chouettes m’empêchent de fermer l’œil.


LYSISTRATA.

Ô malheureuses, laissez-là tous vos vains subterfuges. C’est à vos maris que vous en voulez. Croyez-vous que nous ne leur faisons pas faute ? Je le sais assez, ils passent de mauvaises nuits. Mais, ô chères amies, tenez bon

  1. Jusqu’au jour de l’amphidromie. C’était ainsi qu’on appelait le cinquième jour d’après la naissance d’un enfant ; parce que, dans ce jour, celles qui avaient présidé aux couches, couraient, l’enfant sur les bras, autour d’un feu. C’était une espèce de purification pour les uns et pour les autres. Les parents assistaient à cette cérémonie, et apportaient des présents. Brotier.
  2. Les Athéniens disaient qu’un serpent monstrueux gardait leur citadelle.