Page:Aymar de Saint-Saud - Armorial des prélats français du XIXe siècle (1906).djvu/30

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
ORNEMENTS EXTÉRIEURS
15

une croix, leur écusson, reproduit en impression, pourra ne pas être accompagné soit de la croix, soit de la crosse, soit de la devise, etc., mais le chapeau est obligatoire. Le chapeau, on le sait, est une marque d'honneur, un symbole de liberté et de franchise ; on imposait le chapeau aux esclaves en les affranchissant. Grand honneur c’était de se couvrir devant les rois de France et d’Espagne. Il paraît donc utile d’entrer dans quelques détails à ce sujet, ajoutons même dans quelques discussions.

L’usage de timbrer les armoiries prélatices du chapeau date à peine de trois siècles. Ces chapeaux prélatices ont de chaque côté des rangées de glands ou houppes, de différentes couleurs suivant les dignités, tombant alternativement en nombre impair et pair, et croissant d’un, à partir du haut. Comme on ne voit pas toujours coloriées les armoiries des prélats, il est bon, à la seule inspection du nombre des houppes du chapeau sur une empreinte unicolore, ou sur une sculpture, de comprendre à quelle catégorie ils appartiennent. Ces chapeaux sont — si nous pouvons nous exprimer ainsi — des chapeaux d’honneur. On les a, mais on ne les porte que très rarement, par exemple sur la cappa et lors de l’intronisation. Ceux dont on se sert sont noirs, avec cordon, souvent terminés derrière par une rangée de petites houppes non tombantes et dont le nombre varie, le tout aux couleurs exigées.

Il ne nous paraît pas très régulier de timbrer un écusson d’abbaye d’un chapeau, comme le sont, par exemple, les armoiries de la Trappe de Bellefontaine ou de l’abbaye de Beauchêne.

CHAPEAU DES CARDINAUX. — Il est tout rouge, avec cinq rangs de houppes, dont les glands sont posés un, deux, trois, quatre, cinq, ce qui fait quinze de chaque côté. (Quand on énumère les glands de chapeaux prélatices, on ne compte que ceux d’un côté.) Ce nombre est irrévocablement fixé depuis un décret de la Cérémoniale du 9 février (aliàs 14 avril) 1832, confirmant l’usage établi depuis Pie VII.

Auparavant le nombre était indéterminé. C’est ainsi que sur le tombeau du cardinal d’Albret, mort en 1470, placé dans Ara-Cœli à Rome, j’ai vu dernièrement dix glands à son chapeau, et le même nombre sur une autre tombe dans l’église de Saint-Pierre-in-Vincoli. Celui de Mgr Gualterio, évêque d’Imola en 1737, en avait vingt et un (6 rangs de houppes). Comme on est loin du cardinal Bulcano-Marino, mort en 1403, ne portant qu’un gland ; du cardinal d’Eston, inhumé en 1397, en ayant trois sur un seul rang ! Ainsi que le dit Mgr Battandier (Annuaire pontifical de 1902), dans un curieux article avec figures sur les armoiries ecclésiastiques : « l’immense majorité des cardinaux se contentait (autrefois) des trois glands, disposés un et trois ». Aujourd’hui de simples camériers en habit violet en veulent six !

CHAPEAU DES ARCHEVÊQUES. — Les archevêques ont le chapeau et les houppes de couleur verte, celles-ci en quatre rangées avec un, deux, trois, quatre ; au total, dix glands. Il y a trois sortes de chapeaux pour les archevêques et les évêques. Je me permets d’avancer la chose, car elle ressort de plusieurs ou-