Page:Banville - Œuvres, Les Cariatides, 1889.djvu/262

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IV

L’ÉTANG

 
Dans la clairière ouverte, un vent d’orage
Passait ; le tremble au doux feuillage blanc
De sa morsure avait subi l’outrage ;
Dans le miroir sinistre de l’étang
Se reflétait une lueur de sang ;
Le sombre ciel d’airain qui brûle et pèse
Couvrait de nuit le chêne et le mélèze ;
L’embrasement et la pourpre des soirs
Parmi cette ombre allumaient leur fournaise,
Et j’entendis chanter les Cygnes noirs.