Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/12

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matérielle de nos idées. Enfin il a prodigué son esprit à des comédiens qui, passés maîtres eux-mêmes, l’écoutent cependant comme un maître, sachant que ses conseils, précieux et inestimables pour nous, ont été quelquefois utiles, même au génie.

Tout le monde sait à qui revient l’autre part du succès de Gringoire ; je n’ai donc qu’à nommer et à remercier à la fois :

Le comité de la Comédie-Française, qui a accueilli à bras ouverts cette œuvre consciencieusement écrite ; M Édouard Thierry qui, avec une sollicitude infinie, lui a apporté son goût littéraire si infaillible, son érudition immense et toujours présente, ses soins de toutes les heures et de toutes les minutes ; les acteurs : – M. Coquelin, comique, tendre, élevé, lyrique dans le rôle de Gringoire, où nous retrouvons en lui, transfiguré, complété, grandi encore par une création moderne, le jeune et déjà célèbre comédien des Fourberies de Scapin et du Mariage de Figaro ; M. Lafontaine, cet énergique et puissant acteur de drame qui a fait vivre et marcher devant nous le Louis XI de l’histoire avec ses ruses, sa gaieté bourgeoise, sa bonhomie tragique et ses effrayantes colères ; Mme Victoria Lafontaine, charmante comme Juliette, douce, émue, héroïque, jeune enfin ! Mlle Ponsin, qui a bien voulu accepter un rôle si inférieur à son talent, parce que Nicole Andry ne pouvait se passer ni de sa beauté, ni de son esprit, ni de sa voix ; M. Barré, admirable de simplicité et de bonne humeur gauloise ; M. Chéry, enfin, qui, avec quelques mots, a su faire d’Olivier-Le-Daim une figure.