Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/24

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LE ROI.

Sais-tu ce que me disait mon ami Simon ? Il prétendait que tu m’es comme lui toute dévouée, et que, de même que lui, tu ne saurais me refuser nulle chose au monde.

LOYSE.

Essayez, Sire.

LE ROI, lui tenant la tête entre ses mains et la regardant avec tendresse.

Écoute. Je veux que tu sois contente. Il n’y a pas de chose à quoi je tienne davantage, car, (en confidence) je ne te l’ai jamais dit, (gravement) si les étoiles ne mentent pas, j’ai de bonnes raisons de croire que mon bonheur est lié au tien.

LOYSE, avec élan.

Alors, faites-moi bien vite heureuse !

LE ROI, à part.

Chère âme de colombe ! (à Loyse.) Veux-tu m’obéir ?

LOYSE.

Oh ! De tout mon cœur.

LE ROI.

Eh bien ! Ma mignonne, il faut que tu te maries.

LOYSE.

C’est cela que vous vouliez me demander ?

LE ROI.

Oui.

LOYSE, avec regret.

Oh ! Quel dommage !

LE ROI.

Et pourquoi cela, brunette ? Te voilà grande, jolie, rose comme un Avril en fleur ; un tel trésor ne peut pas rester sans maître. Dis un mot, et tu auras le plus généreux des marchands de Tours ! Tu souris ? Je crois te comprendre. Les drapiers et les merciers de notre bonne ville ont des terres, des vignes au soleil, mais ils ont aussi pour la plupart le chef