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Quatrième Douzaine



37. — MONSEIGNEUR DUPANLOUP

Cette face large aux traits césariens, aux pommettes saillantes, au nez d’aigle, presque sans narines, détaché par deux rides magistralement tracées, à la bouche sculpturale, aux yeux longs, enfoncés, ombragés d’un sourcil droit, épais et violent, au menton d’athlète, qu’une hardie fossette rend spirituel, est celle d’un combattant, d’un guerrier, d’un porteur de glaive, et toutefois, par une séduisante transformation, l’esprit chrétien y a jeté ses douceurs infinies. Les cheveux naturellement s’arrangent comme les veut le statuaire. Ce soldat de Jésus, dont la vie est un combat, est près de s’irriter au spectacle des luttes sans trêve qui l’attendent, mais il se remet à sourire lorsque, en baissant les yeux, il voit briller sur sa poitrine le seul de tous les symboles qui soit une consolation : la croix !