Page:Banville - La Lanterne magique, 1883.djvu/39

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flexible, la blanche poitrine, les bras héroïques, les jeunes seins aux boutons roses, le ventre poli droit comme celui d’une vierge, le torse hardi, les cuisses, les jambes de chasseresse, les pieds aux ongles transparents. Et quand la blonde Hyacinthe se lève à demi et veut appeler Mariette pour la sortir du bain, l’Eau frémit comme si on y avait plongé un fer rouge, et dans un bouillonnement d’ennui et de regret, murmure indistinctement, d’une faible voix :

— « Pas encore ! »


XII. — LE FEU

Jacqueline Mézy s’est dévêtue. Elle a enfermé ses cheveux dans un léger filet de pourpre, et n’a rien gardé sur elle que sa fine chemise de batiste, dont les broderies représentent des branches de rosier et de myrte. Elle a éteint les bougies. Mais avant d’entrer dans son grand lit ouvert, elle ne résiste pas au plaisir de s’asseoir dans un fauteuil bas en peluche, couvert de dentelles, et de se chauffer au Feu resplendissant qui seul éclaire la chambre. Elle découvre un peu ses jambes charmantes et les présente à la flamme, qui fait courir sur ses pieds de doux et tremblants reflets roses. Mais bientôt, elle chausse à nouveau ses jolies pantoufles de vair, et tout