Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/28
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- Ors, pourpres et blancheurs dignes d’une déesse,
- S’écriait-il, je veux vous contempler sans cesse,
- Ô beautés où le ciel mit son divin reflet ! »
- Socrate, en ce temps-là, c’est ainsi qu’il parlait,
- Car mon Dracès alors n’était pas un rebelle.
- Socrate.
- Et que faisais-tu ?
- Myrrhine.
- Moi ? Je tâchais d’être belle.
- Socrate.
- Ah !
- Myrrhine.
- Pour lui plaire, afin d’obéir à ses vœux,
- Longuement je baignais d’essences mes cheveux,
- Je me parais de fins tissus qu’un souffle emporte !
- Socrate.
- Bon. Mais lorsque Dracès t’admirait de la sorte,
- Après ces longs moments à tes genoux passés,
- Que lui disais-tu ?
- Myrrhine, ingénûment.
- Rien.
- Socrate.
- Rien ? Ce n’est pas assez.
- Myrrhine.
- Plus tard, lorsque Dracès qui me fuit et m’oublie,
- Te suivait déjà, plein de sa triste folie,
- Souvent il m’a voulu redire tes discours.
- Je lui disais : « Ami, les heures et les jours
- Sont rapides ; pourquoi tous ces propos frivoles ?