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embarras[1]. Dès le 2 juillet 1791, avant même que l’Assemblée constituante se fût séparée, Condorcet prononçait à l'Assemblée fédérale des amis de la vérité un discours sur cette question : Un roi est-il nécessaire à la conservation de la liberté ? et, en répondant aux arguments invoqués par les partisans de la monarchie, il manifestait hautement ses sympathies en faveur de la république. Je dois ajouter que, dans le même temps, il était question de lui confier la place de gouverneur du dauphin, et qu’il s’enlevait à lui-même, par ce discours, toute chance d’être élu. « En ce moment, avait-il, en effet, dit dans son discours, il s’agit bien moins de former un roi que de lui apprendre a savoir, à vouloir ne plus l’être. »

Quelques jours après, 23 juillet 1791, il traitait la même question dans un écrit sur l’Institution d’un Conseil électif. Aussi lorsqu’il fut, plus tard, élu à la Convention nationale et chargé par celle-ci d’organiser la république, put-il faire réimprimer sans aucun changement ce qu’il avait publié avant la fin de la Constituante. Mais de telles opinions avaient excité contre lui les haines les plus violentes il se vante d’avoir mérité ces haines ; mais, ce qui devait lui être plus douloureux, elles l’avaient séparé de quelques-uns de ses meilleurs et plus anciens amis, en particulier du duc de la Rochefoucauld.

Manque la page 10 de cette leçon, qui parlait sûrement de l’élection de Condorcet à l’Assemblée législative.90

Le 19 juin 1792. jour anniversaire d’une séance mémorable où l’Assemblée constituante avait aboli les titres de

  1. Telle est aussi l’opinion de Quinet sur le retour de Varennes. Cf. sa Révolution, livre VIII, chap. 4. — O. K.