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qui survivait à tous pour voir leurs théories lancées dans le chemin des réalités ». C’est aussi celui des publicistes à la fois précurseurs et coopérateurs de la Révolution qui poussera le plus loin les conséquences pratiques de ses théories.

Mirabeau s’était arrête à l’idée de la monarchie constitutionnelle, dont, comme il le disait, il emporta le deuil en mourant. Condorcet représente l’idée républicaine dans toute sa pureté ; il devient l’un des législateurs de la république ; et s’il meurt victime de la tempête révolutionnaire, il en meurt pas moins plein de foi en son idée qui est celle du progrès de l’humanité, et son dernier écrit est comme le testament philosophique de toute cette partie du XVIIIme siècle.

Mais avant de montrer, dans Condorcet, le coopérateur de la Révolution, il faut l’étudier avant la Révolution. Le premier Condorcet expliquera le second.

Le commencement de la biographie est perdu. Notre manuscrit commence à la page 5 avec les mots suivants :

« L’homme qui agit ainsi, remarque justement Arago, court le risque de troubler sa vie, mais il honore les sciences et les lettres. »

Revenons aux travaux qui ont plus directement trait aux questions d’intérêt social. J’ai déjà parlé plus haut des Règlements sur la jurisprudence criminelle, qui datent de 1775. À cette même année, où Turgot était au ministère, se rapportent divers autres écrits touchant l’économie sociale et qui avaient pour but de venir en aide au contrôleur général dans les grandes réformes qu’il accomplissait ou préparait : ainsi des Réflexions sur les corvées, que Turgot avait entrepris d’abolir dans tout le royaume, comme il les avait déjà abolies dans sa géné-