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XVI


(Voir p. 314).


On trouve dans une lettre du temps, dont la copie est conservée à la Bibliothèque impériale (500 Colb. t. XIV. fol. 369), le récit suivant de la mort de Saint-Paul :

« Monsr, j’ay estimé que la nouvelle de la mort du cap.ne St Paul qui voulloit establir sa tirannie en ceste province vous sera tres agreable. Elle est arrivée le xxve de ce moys que Mr de Guise estant à Reins et ayant receu des habitans de grandes plaintes des desseings et des forces que ledict St Paul avoit jettées dans lad. ville, il luy dist qu’il ne trouvoit nullement bon telles entreprises, et le pria de s’en departir et que c’estoit trop de mespris de loger des forces aux places de son gouvernement sans en avoir son advis et commandement, et qu’il se fioit entierement des habitans de ladicte ville et que l’amitié qu’ils avoient porté au pere ils la continuoient au filz, ce qui l’obligeoit a avoir soing d’eux. Sur quoy il fut respondu par ledict St Paul qu’il se passeroit bien de son commandement pour cela, qu’il falloit estre maistre d’un peuple pour le commander a baguette, et que ce qu’il en faisoit estoit pour bonne occasion et pour son service, encores qu’il ne le reconneust en rien que volontairement ny en la place ny au gouvernement que pour prince de Lorraine qui n’avoit nul commandement sur un mal de France tel qu’il estoit. Il dist ces parolles ayant la main sur le pommeau de son espée et avec telle arrogance que Mr de Guise s’en estant offencé jusques au vif, sans aultre repartie, luy donna un coup d’espée au travert du corps, duquel coup il cheut mort. Quelques ungs des siens et principallement deux des Suisses mirent l’espée a la main qui mirent ledict sr de Guise en grand peril ; l’un d’iceux fut tué et incontinant apres la rumeur fut appaisée par la presence de Mr de Mayenne et le tort donné audict St Paul. Voila ce qui s’est