Page:Bassompierre - Journal de ma vie, 2.djvu/423

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suis efforcé a luy donner toutes sortes de contentements : autrefois il sembloit qu’ils se trouueroient a me voir, et lors que je pensois m’acheminer vers elle pour cest effect, je la trouue partie. Je veux croire toutesfois que ce n’est a mauuaise intention et que me conseruant les debuoirs et affections de mere elle se contiendra aux termes que je doibs non seullement souhaiter mais esperer, et neantmoins crains que sur ce bruit il n’y en ayt qui vuellent se mesler d’entreprendre ; vous y donnerez ordre, etc. — Escript a Paris le xxiiije jour de feburier 1619.

Signé : Louis.

Lettres, etc., a Mr de Noailles par les rois, etc. T. II, fol. 265. (Bibliothèque du château de Mouchy-Noailles.)


XIII


(Voir p.144).


Arnaud d’Andilly a tracé, dans une belle page de ses mémoires, le tableau de la vie que l’on menait à Tours, particulièrement chez M. de Bassompierre.

« ... M’étant trouvé logé à Tours près de M. le maréchal de Bassompierre, qui tenoit une table que l’on pouvoit dire être l’une des plus grands Seigneurs de la Cour, puisqu’elle en étoit toûjours pleine, il me fit l’honneur de me venir prier d’y aller toûjours, et m’en pressa de telle sorte, que n’y ayant pas un de ces Grands que je ne connusse si particuliérement que je crois pouvoir dire qu’il n’y a personne en France de ma condition qui ait eu tant d’habitude et de familiarité avec eux, je ne pus refuser une civilité si obligeante. C’étoient, outre leur qualité, des personnes d’un si grand mérite, que les uns remplissoient déja, et les autres ont rempli depuis les plus grandes charges de l’État, et commandé les armées. Ainsi il y avoit beaucoup à apprendre dans leur conversation, et rien n’est