Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 2.djvu/484

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neste, en leur faisant faussement espérer qu’on négociait pour eux et que, dans deux mois, ils rentreraient, grâce à la diplomatie, dans la grande famille des peuplés libres ? Et M. Mauguin sommait les ministres de fournir sur tout cela des explications précises, de produire des pièces, de prouver autrement que par des allégations vagues, sinon le mérite, au moins la loyauté de leur politique.

M. Sébastiani répondit que la Prusse s’étant bornée à fournir aux Russes des secours d’argent, de vivres et de munitions, une intervention pareille n’était pas un cas de guerre ; que le général Guilleminot avait été rappelé parce qu’en cherchant à exciter la Turquie contre les Russes, il avait eu le triple tort de compromettre le système de la paix, de désobéir à ses instructions[1], et de parler à un cadavre ; que, par la Belgique déclarée neutre, les intérêts de la France étaient suffisamment garantis, cette neutralité ne pouvant être violée qu’à notre profit, à cause du voisinage ; que l’évacuation de ces contrées par nos troupes avait été, à l’égard de la Conférence, une question de bonne foi[2] ; que le

  1. Le général Guilleminot n’avait pu désobéir à ses instructions, n’en ayant pas reçu. La vérité est, et ceci fut démontre plus tard, que ces instructions dont parle ici M. Sébastiani, ne furent envoyées à M. Guilleminot qu’avec son ordre de rappel, et en duplicata. Or, le primata, chose étrange, n’était point parvenu à Constantinople !
  2. M. Sébastiani ajoutait en propres termes :

    « Que vous avait dit le ministre de la guerre ? Que l’armée française ne sortirait de la Belgique qu’après que l’assurance de l’indépendance de la Belgique nous serait donnée. Nous l’avons obtenue. »

    (Voir le Moniteur du 20 septembre 1831.) XXXXX

    Or, voici en quels termes s’était exprimé le maréchal Soult :

    « L’armée hollandaise a reçu l’ordre de se replier devant nos troupes.