Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 2.djvu/485

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courrier, arrêté dans le duché de Posen, ne l’avait été que par mesure sanitaire ; qu’enfin, en ce qui touchait les prétendus conseils donnés par le gouvernement français à la Pologne, pour qu’elle abandonnât tout système de guerre offensive, avec l’espoir d’être reconnue dans deux mois, « le gouvernement n’avait jamais rien dit de semblable[1]. »

Cette réponse dans laquelle, d’ailleurs, on présentait les faits d’une manière inexacte, était d’une faiblesse déplorable. Dire que, par amour pour la paix, on avait permis à la Prusse une intervention indirecte, qu’on s’interdisait à soi-même à Constantinople, c’était avouer hautement l’infériorité de notre politique, et encourager les ennemis de la France à tout oser contre elle. Quant à la neutralité des Belges, il était au moins singulier de prétendre qu’on avait bien fait de la déclarer inviolable, parce que nous pourrions plus aisément que les autres la violer.


  1. Cependant, nos troupes ne rentrent point pour cela. Car il faut que inexécution ait répondu à la disposition et que nous ayons la certitude qu’il n’y aura pas de retour, avant que nos troupes rentrent en France. »

    (Moniteur du 14 août 1831.) XXXXX

    Il s’agissait donc non pas de l’assurance de l’indépendance beige, mais de la certitude que les Hollandais ne retourneraient point en Belgique. Car, quant à l’indépendance de la Belgique, est-ce que M. Sébastiani ignorait, lui, ministre des affaires étrangères, que cette indépendance avait été reconnue bien avant l’invasion des Hollandais ?

  2. Le général Lafayette ayant, sur ce point, demandé des explications à la légation polonaise, voici la réponse qu’il reçut :

    « Nous nous empressons de vous assurer

    Que c’est M. le ministre des affaires étrangères qui nous a engagés, le 7 juillet, à envoyer un messager à Varsovie auquel il a donné les frais de route ; que le but de cet envoi était, comme nous l’a dit, S. Exc. M. le comte Sébastiani, de porter notre gouvernement à tenir encore deux mois, parce que c’était le temps nécessaire pour les négociations. »