Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/17

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Elle a toujours très grande allure :
Sur son front blanc, sa chevelure
Semble une couronne d’argent :
On dirait une vieille Reine
Accueillant son Peuple, sereine,
Avec un sourire indulgent !

Aussi, son bon Peuple l’adore ;
Il s’approche, il s’approche encore
Du Lit qu’elle ne quitte plus.
D’où sa tendre voix fait revivre
Tous les chapitres d’un vieux livre
Que l’on n’avait pas encor lus !

Et tous ceux qui veulent l’entendre
Peuvent venir, sans plus attendre,
Aux volets du logis heurter,
Car maudit serait l’égoïste
Qui, tant que son Ancêtre existe,
Resterait seul à l’écouter !

Entrez donc ! Les Gueux, les Fermières,
Les Sabotiers, les Lavandières,
Les Matelots et les Tailleurs,
Les rudes Sonneurs de bombardes.
Les jeunes Cloërs, les vieux Bardes,
Tous ceux d’ici… tous ceux d’ailleurs !