Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/35

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Et puis l’on s’écriait encore :
« Que Dieu soit à jamais béni
« Qui, dans une nuit, fit éclore
« Cette grande fleur de granit ! »

Hélas ! l’Abbé calma bien vite
Cet enthousiasme, en contant
Et la diabolique Visite
Et le Pacte fait par Satan !…

Mais la flèche était si jolie
Que, bien qu’un Diable en fût l’auteur,
Nul Trécorrois n’eut la folie
De faire un reproche au Recteur ;

Les malades, seuls, demandèrent
À vivre… au moins… jusqu’au Lundi,
Mais les médecins préférèrent
En finir dès le Samedi !…

Et voici le premier Dimanche !…
Et le Peuple accourt à Tréguier :
Jamais la grande flèche blanche
Ne vit tant de monde à son pied.

Et chacun disait : « Tout à l’heure
« L’Ite Missa est sera dit :
« Seigneur, faites que nul ne meure
« Que trois heures après midi ! »

Le même cri vers Dieu s’élance
Depuis Rennes jusques à Brest…
… Et voilà que le Recteur lance
Le terrible Ite Missa est !…