Page:Buckland - La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, 1838, tome 1.djvu/390

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CRINOÏDIENS.

Malgré la rareté des espèces qui représentent les crinoïdiens dans la création dont nous faisons partie, cette famille occupait, sous le point de vue numérique, une place importante parmi les habitans des anciennes mers[1]. On en peut juger par ce fait que ceux que l’on a déjà découverts ont été répartis en quatre divisions comprenant neuf genres, dont la plupart renferment plusieurs espèces. À voir la construction admirable de chacune des petites pièces osseuses au nombre de plusieurs milliers qui entrent dans la composition du corps, on reconnaît qu’elles appartenaient à un instrument d’un fini merveilleux, et renfermant de remarquables arrangemens mécaniques. Chacune de ces pièces, dans son action, conservait une harmonie parfaite avec tout le reste ; et elles s’ajustaient entre elles de manière à ce que leur ensemble remplît de la manière la plus complète possible certaines fonctions spéciales dans l’économie de l’animal dont il faisait partie.

Les osselets qui constituent le squelette de tous ces animaux ressemblent aux pièces solides de l’étoile de mer[2]. Ils ont pour usage, ainsi que le squelette osseux des animaux vertébrés, de constituer dans l’organisation une charpente solide destinée à protéger les viscères, et à fournir des points d’appui aux fibres contractiles qui traversent l’enveloppe gélatineuse dont toutes les portions du corps de l’animal sont revêtues[3].

  1. La monographie de M. Miller, où sont décrites, jusque dans leurs détails les plus minutieux, les diverses variations de structure de chacune des parties constituantes du squelette dans les divers genres de la famille des crinoïdes, est un admirable exemple de la régularité avec laquelle un même type fondamental se maintient rigoureusement au milieu des modifications variées, qui en constituent les nombreuses formes éteintes, génériques et spécifiques.
  2. Ces osselets ne sont pas de véritables os ; mois ils tiennent à la fois de la nature des plaques de la coquille des oursins et des articles calcaires de l’enveloppe des astéries.
  3. Les fibres contractiles des animaux rayonnés ne se réunissent