Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/18

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DE cha:mfort. 7

entendit dire, dans une cîiambre qui n’était sépa- rée de la sienne que par une cloison, qu’un nommé Damiens devait assassiner le roi. Ce négo- ciant venait à Paris ; il alla se présenter chez M. Berrier, ne le trouva point, lui écrivit ce qu’il avait entendu, retourna voir M. Berrier, et lui dit qui il était. Il repartit pour sa province : comme il était en route, arriva l’attentat de Damiens. INI. Beirier, qui comprit que ce négociant conte- rait son histoire, et que cette négligence le per- drait (lui Berrier), envoie un exempt de police et des gardes sur la route de Lyon ; on saisit l’homme, on le bâillonne, on le mène à Paris; on le met à la Bastille, où il est resté pendant dix-huit ans. M. de Malesherbes, qui en délivra plusieurs prisonniers en 1773, conta cette histoire dans le premier moment de son indignation.

— Un jeune homme sensible, et portant riionnéteté dans l’amour, était bafoué par des libertins qui se moquaient de sa tournure senti- mentale. Il leur répondit avec naïveté : « Est-ce ma faute à moi, si j’aime mieux les femmes que j’aime, que les femmes que je n’aime pas ? »

— Le cardinal de Rohan, qui a été airété pour dettes dans son ambassade de Vienne, alla, en qualité de grand aumônier, délivrer des pri- sonniers du Châtelet, à l’occasion de la naissance du dauphin. Un homme, voyant un grand tumulte autour de la prison, en demanda la cause ; on lui répondit que c’était pour M. le cardinal de Rohan,