Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/20

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DE CIIAMFOllT. 9

quand il fut plus riche, il la céda à Tabbé de la Porte, en retenant huit sous dessus : celui-ci, devenu moins gueux, la sous-loua à l’abbé Dinouart, en retenant quatre sous dessus, outre la portion de l’abbé Raynal ; si bien que cette pauvre messe, grevée de deux pensions, ne valait que huit sous à l’abbé Dinouart.

— Un évéque de Saint-Brieux, dans une orai- son funèbre de Marie-Thérèse, se tira d’affaire fort simplement sur le partage de la Pologne : a La France, dit il, n’ayant rien dit sur ce par- tage, je prendrai le parti de faire comme la France, et de n’en rien dire non plus. »

— Milord Marîborough étant à la tranchée avec un de ses amis et un de ses neveux, un coup de canon fit sauter la cervelle à cet ami, et en cou- vrit le visage du jeune homme, qui recula avec effroi. Marîborough lui dit intrépidement : « Eh quoi ! monsieur, vous paraissez étonné ? — Oui, dit le jeune homme, en s’essuyant la figure, je le suis qu’un homme, qui a autant de cervelle, restât exposé gratuitement à un danger si inutile.»

— Madame la duchesse du ]Maine, dont la santé allait mal, grondait son médecin, et lui disait : « Était-ce la peine de m’imposer tant dé priva- tions, et de me faire vivre en mon particulier ? — IMais votre altesse a maintenant quarante per- sonnes au château. ? — £h bien ! ne savez-vou pas que quarante ou cinquante personnes sont le particulier d’une princesse? »