Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/21

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ÏO OEUVRES

— Le duc de Chartres ( i ), apprenant l’insulte faite à madame la duchesse de Bourbon, sa sœur, par M. le comte d’Artois, dit : « On est bien heureux de n’être ni père ni mari. »

— Un jour, que l’on ne s’entendait pas dans une dispute à l’académie, M. de Mairan dit : « Messieurs, si nous ne parlions que quatre à la fois ! »

— Le comte de Mirabeau, très-laid de figure, mais plein d’esprit, ayant été mis en cause pour un prétendu rapt de séduction, fut lui-même son avocat. « Messieurs, dit-il, ie suis accusé de sé- duction ; pour toute réponse et pour toute dé- fense, je demande que mon portrait soit mis au greffe. » Le commissaire n’entendait pas : « Béte, dit le juge, regarde donc la figure de monsieur ! »

— M.... me disait : « C’est faute de pouvoir pla- cer un sentiment vrai, que j’ai pris le parti de traiter l’amour comme tout le monde. Cette res- source a été mon pis aller : comme un homme qui, voulant aller au spectacle, et et n’ayant pas trouvé de place à Iphigénie, s’en va aux Variétés amusantes. »

— Madame de Brionne rompit avec le cardinal de Rohan, à l’occasion du duc de Choiseul, que le cardinal voulait faire renvoyer. Il y eut entre eux une scène violente, que madame de Brionne termina en menaçant de le faire jeter par la fe-

(r) Le duc d’Orléans, guiliotim’" le 6 novembre ijgS.