Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/29

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ï8 OEUVRES

M. le comte d’Artois a des enfaiis. » C’était avani: la naissance du dauphin.

— Le régent envoya demander au président Daron la démission de sa place de premier pré- sident du parlement de Bordeaux. Celui-ci répon- dit qu’on ne pouvait lui ôter sa place, sans lui faire son procès. Le régent, ayant reçu la lettre, mit au bas : « Quà cela ne tienne, » et la ren- voya pour réponse. Le président, connaissant le prince auquel il avait à faire, envoya sa démis- sion.

— Un homme de lettres menait de front un poème et une affaire d’où dépendait sa fortune. On lui demandait comment allait son poème. « Demandez-moi plutôt, dit-il, comment va mon affaire. Je ne ressemble pas mal à ce gentilhomme qui, ayant une affaire criminelle, laissait croître sr barbe, ne voulant pas, disait-il, la faire faire avant de savoir si sa tête lui appartiendrait. Avant d’être immortel, je veux savoir si je vivrai. »

— M. de la Reynière, obligé de choisir entre la place d’administrateur des postes et celle de fermier-général, après avoir possédé ces deux places, dans lesquelles il avait été maintenu par le crédit des grands seigneurs qui soupaient chez lui, se plaignit à eux de l’alternative qu’on lui proposait, et qui diminuait de beaucoup son re- venu. Un d’eux lui dit naïvement : « Eh, mon Dieu ! cela ne fait pas une grande différence dans rotre fortune. C’est un million à mettre à fond