Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/32

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


DF. CHA-MFORT. 2 1

mais il y a ma clé. — Eh bien ! cette clé... — Cette clé, prenez - la. — Je la tiens. — Allez-vous en à ce secrétaire ; ouvrez.... » Le voleur met la clé à un autre tiroir. — « Laissez donc, ne dérangez pas ! ce sont mes papiers. Ventrebleu ! finirez- vous ? ce sont mes papiers : à l’autre tiroir, vous trouverez de l’argent. — Le voilà. — Eh bien ! prenez. Fermez donc le tiroir... » Le voleur s’en- fuit. — «M. le voleur, fermez donc la porte. Mor- bleu ! il laisse la porte ouverte ! — Quel chien de voleur ! il faut que je me lève par le froid qu’il fait! maudit voleur !» L’abbé saute en pied, va fermer la porte, et revient se remettre à son ti-avail.

— M...., à propos des six mille ans de Moïse, di- sait, en considérant la lenteur des progrès des arts et l’état actuel de la civilisation : « Que veut-il qu’on fasse de ses six mille ans? Il en a fallu plus que cela pour savoir battre le briquet, et pour inventer les allumettes. »

— La comtesse de Bouflers disait au prince de Conti, qu’il était le meilleur des tyrans.

— Madame de Montmorin disait à son fds : « Vous entrez dans le monde; je n’ai qu’un conseil à vous donner, c’est d’être amoureux de toutes les femmes. »

— Une femme disait à M.... qu’elle le soup- çonnait de n’avoir jamais perdu terre avec les femmes : « Jamais, lui dit-il, si ce n’est dans le ciel.» En effet, son amour s’accroissait toujours