Page:Chiarini - Le Talmud de Babylone, vol. 1, 1831.djvu/316

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mari ; car alors j’étais mieux que je ne suis maintenant (Talm. : l’âme fera comme une femme de mauvaise vie qui change de conduite lorsque ses compagnons de débauche ne veulent plus d’elle). Et Risch Lakisch dit : elle vaut mieux qu’une flagellation de cent coups ; car il est dit (Prov. XVII, 10.) : la répréhension se fait mieux sentir à l’homme prudent que cent coups au fou.

R. Johanan disait en outre au nom de R. Jose : Moïse demanda au Saint, béni soit-il, trois choses, qui lui furent accordées. Il demanda que la Chekina demeurât sur Israël, et il lui fut accordé ; car il est dit (Exod. XXXIII, 16.) : ne sera-ce pas quand tu marcheras avec nous ? Il demanda que la Chekina ne demeurât pas sur les peuples du monde (sur les non-Juifs), et il lui fut accordé ; car il est dit (ib.) : et alors moi et ton peuple nous serons dignes d’admiration plus que tous les peuples qui sont sur la terre. Il demanda de connaître les voies du Saint, béni soit-il, et il lui fut accordé ; car il est dit (ib. vs. 13.) : maintenant, je te prie, fais-moi connaître tes voies. Moïse parla ainsi en présence (de Dieu) : Seigneur du monde, pourquoi un juste est-il heureux, et un autre n’est-il pas malheureux ? et pourquoi un impie est-il heureux et un autre est-il malheureux ? Il lui répondit : Ô Moïse, le juste qui est heureux est fils d’un autre juste, et le juste qui est malheureux est fils d’un impie. (De même) l’impie qui est heureux est fils d’un juste, et l’impie malheureux est fils d’un autre impie [1]. Mar (dit donc) [2] : le juste heureux est fils d’un autre juste et le juste malheureux est fils d’un impie. N’est-ce pas ? Voilà cependant qu’il est écrit (Exod. XXXIV, 7.) : Je punis l’iniquité des pères sur les enfans. Et il est aussi écrit (Deut. XXIV, 16.) : on ne fera point mourir

  1. La ressemblance qui se trouve entre cette Agada et celle du Koran Sura XVIII, 76-84. démontre que des Talmudistes ont présidé à la rédaction de ce code.
  2. Mar, c’est-à-dire, le même R. Johanan qui a parlé jusqu’ici. En d’autres termes notre docteur s’est servi de cette manière de s’exprimer.