Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/346

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Me voilà trop heureux, puisque par mon adresse
Mélite est sans amant, et Tircis sans maîtresse ;
Et comme si c’étoit trop peu pour me venger,
Philandre et sa Cloris courent même danger.
Mais par quelle raison leurs âmes désunies 285
Pour les crimes d’autrui seront-elles punies ?
Que m’ont-ils fait tous deux pour troubler leurs accords ?
Fuyez de ma pensée, inutiles remords 286 ;
La joie y veut régner, cessez de m’en distraire.
Cloris m’offense trop d’être sœur d’un tel frère,
Et Philandre, si prompt à l’infidélité,
N’a que la peine due à sa crédulité 287.
Mais que me veut Cliton qui sort de chez Mélite ?


SCÈNE VI.


ÉRASTE, CLITON.



CLITON.


Monsieur, tout est perdu : votre fourbe maudite,
Dont je fus à regret le damnable instrument,
A couché de douleur Tircis au monument.


285. Var. Mais à quelle raison leurs âmes désunies. (1633-63)

286. Var. Fuyez de mon penser, inutiles remords ;
J’en ai trop de sujet de leur être contraire :
Cloris m’offense trop, étant sœur d’un tel frère. (1633-57)

287. Var. [N’a que la peine due à sa crédulité.]
Allons donc sans scrupule, allons voir cette belle ;
Faisons tous nos efforts à nous rapprocher d’elle,
Et tâchons de rentrer en son affection,
Avant qu’elle ait rien su de notre invention ag.
Cliton sort de chez elle.

SCÈNE VI.

ÉRASTE, CLITON.

Cliton sort de chez elle. ér. Eh bien ! que fait Mélite ?
[clit. Monsieur, tout est perdu : votre fourbe maudite.] (1633-57)

ag. Avant qu’elle ait rien su de notre intention. (1654)