Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/26
` zo CORRESPONDÃNCE lettres tristes depuis quelque temps! J e ne suis pas » de mon côté fort lacétieux. !..'intérieur et l'exté- — rieur, tout va assez sombrement. La Bovary marche _a pas cle tortue; j’en suis désespéré par mo- ments. D’ici a une soixantaine de pages, c’est—a— dire pendant trois ou quatre mois, j'ai peur que ça ne continue ainsi. Quelle lourde machine a i construire qu’un livre, et compliquée surtout! Ce ` que j'écris présentement risque d’étre du Paul e Koclc si je n’_y mets une Forme profondément littéraire. Mais comment faire du dialogue trivial qui soit bien écrit? ll_ le_ faut ourtant, il le faut. ' Puis, quand je vais être quitte de cette scene d’au- _ berge, je vais tomber clans un amour platonique déjà ressassé par tout le monde et, si j’ôte de la ' trivialité, j’ôterai de l'ampleur. Dans un bouquin comme celui—la, une déviation cl’une li ne peut complètement m’écarter du but, me le tâire rater tout a fait. Au point ou j’en suis, la phrase la plus _ simple a pour le reste une portée infinie. De la tout le temps que j'_y mets, les réflexions, les dé- goûts, la lenteur! le te tiens quitte cles miseres du Foyer, de mon beau-Frère, etc. lfinstitutricelll part demain pour Londres. Je lui ai donné une lettre pour miss Collier; elle te rap- portera ton album. Ce matin fai donné a Bouilhet le billet de cette inlortunée mere Roger. Je trouve cela franc d’in— tention. Elle veut, la malheureuse! Comme les femmes se précipitent naïvement clans la gueule du loup! Comme elles se compromettent à plaisir! Elle viendra bientôt a Rouen et l’aH`aire se fera, U) Miss lsabelle, institutrice cle la nièce cle Flaubert. i