Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/33

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher

à — DE GUSTAVE FLAUBERZT. 27 _ le crois que les journaux de Rouen vont parler . de toi; du moins il y a promesse. Mais quel compte ` · » faire sur de semblables manne uins! _ _ La publication, les gens deqlettrcs, Paris, tout _ cela me donne des nausées quand jîy pense. Il se pourrait bien q)ue je ne fasse gémir jamais aucune presse. A quoi on se donner tant de mal'? Et le but n'est pas la d’ailleurs. Quoi qu’il en soit, si je mets un jour les pieds dans cette lange, ce sera comme « je faisais dans les rues du Caire pendant qu’il pleu- vait, avec des bottes en cuir de Russie qui me monteront jusqu'au ventre. R C’est sur toi que ma pensée revient quand i'ai I fait le cercle de mes songeries; je m'étends dessus comme un voyageur Fatigué sur l’herbe de la prai- rie qui borde sa route. Quand je m’éveilleàje pense a toi et ton image, dans le jour, ap araît e temps à autre entre les phrases que je cllerche. C mon pauvre amour triste, reste—moil Je suis si vide! Si , fai beaucoup aimé, j’ai.été peu aimé en revanche

quant aux Femmes du moins) et tu es —la seule qui i

me l’aies dit. Les autres, un moment, ont pu crier de volupté ou m’aimer en bonnes filles pendant un quart d’heure ou une nuit. Une nuit! c est bien long, ie ne m°en `rappelle guere. Eh bien, je dé- clare qu’elles ont eu tort; ie valais mieux que bien 'd’autres. Je leur en veux pour elles de n’en avoir _ `· pas profité! Cet amour phraseur et emporté, la nacre de la joue, dont tu arles, et les bouillons de tendresse, comme eût dlit Corneille, j’avais tout cela. Mais ie serais devenu Fou si quel u’un eût - ramassé ce pauvre trésor sans étiquette. ëest donc ` un bonheur: 'e serais maintenant stupide. Le soleil, le vent, la pluie en ont emporté quelque chose, _ .

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils