Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/41

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 35 · · enterrement (celui d’un_ oncle de ma belle-sœur) ? C Je commence ai être las du grotesque des funé- railles, car c’est encore plus sot que ce n'est triste. .l’ai revu la beaucoup de balles rouennaises ou- bliées. C’est fort! .l’étais a côté de deux beaux- Freres du défunt qui s’entretenaient de la taille des arbres fruitiers. Comme c’était au cimeûère où sont mon père et ma sœur, l’idée m’a pris d’aller voir leurs tombes. Cette vue m’a peu ému; il n’y a la rien de ce que iai aimé, mais seulement les ' restes de deux cadavres que iai contemplés pen- dant quelques heures. Mais aux ils sont en moi, ` dans mon souvenir. La vue d’un vêtement qui leur a appartenu me fait plus d’eflet que celle de leurs tombeaux. ldée reçue, l’idée de la tombe! ll faut être triste là, c’est de regle. Une seule chose m’a ému, c’est de voir dans le petit enclos un tabouret , de jardin (pareil a ceux qui sont ici) et que ma mere, sans doute, y a- fait porter. C’est une com- munauté entre ce iardin—la et l’autre, une exten- sion de sa vie sur cette,mort et comme une conti- nuité d’existence commune a travers les sépulcres. V Les anciens se privaient de toutes ces saletés de charognes. La poussiere humaine, mêlée d'aro- `mates et d’encens, pouvait se tenir enfermée dans les doigts, ou, légère comme celle du grand che- min, s’envoler dans les rayons du soleil. Adieu, ‘ je vais me coucher, il en est temps. A toi, mille ' et mille baisers de ton G. z •

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