Page:Gautier - Le Second Rang du Collier.djvu/41

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de forme surannée, carré et plat, sur lequel s’entassent toutes sortes de livres et de partitions.

Mais les visiteurs inconnus donnent toute leur attention aux tableaux. La Lady Macbeth et le Combat du Giaour de Delacroix, la Panthère Noire de Gérôme, les Diaz, les Rousseau, les Leleux, les intéressent vivement.

Devant la console est posée, sur un socle de bois noir, une statue en bronze, demi-nature, représentant une femme assise, qui tient un masque ricanant, et qui pleure, désespérément, le menton dans sa main.

— De qui est-ce, cela ? demanda le grand brun.

— De Préault. C’est la Comédie humaine, un projet, je crois, pour le tombeau de Balzac ; mais ça n’a pas servi, et Préault l’a donné à mon père.

— Elle a l’air joliment embêtée, la pauvre dame ! tandis que son masque se fiche d’elle, dit le monsieur blond. Jean qui pleure et Jean qui rit !…

Brusquement il cherche la sortie :

— Car nous ne sommes pas entrés par la vraie porte…

Dans la rue, ils nous tendent la main.

— Nous reviendrons, dit le personnage brun.

— Moi, j’habite là, presque en face de la rue de Longchamp, de l’autre côté de l’avenue. Vous voyez, nous sommes voisins. Dites à papa, que ceux qui sont venus pour le voir, c’est le père Lavoix et le petit Dumas…