Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/44

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libre & bon Cultivateur. Il ne nous manque que la liberté, qu’on nous la donne, & tu verras qu’il n’y aura plus ni maîtres ni eſclaves.


AZOR.

Je ne t’entends pas.


BETZI.

Ni moi non plus.


CORALINE.

Mon Dieu, que vous êtes bons l’un & l’autre ! Dites-moi, Zamor n’avoit-il pas ſa liberté ? A-t-il pour cela voulu quitter notre bon Maître ; nous ferons tous la même choſe. Que les Maîtres donnent la liberté, aucun eſclave ne quittera les atteliers. Inſenſiblement les plus ſauvages d'entre nous s’inſtruiront, reconnoîtront les loix de l’humanité & de la juſtice & nos ſupérieurs trouveront dans notre attachement, dans notre zèle, la récompenſe de ce bienfait.


AZOR.

Tu parles comme un homme ! Je crois entendre M. le Gouverneur… Oh ! qu’il faut avoir de l’eſprit pour retenir tout ce que les autres diſent. Mais, voici Madame.