Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/56

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« Sois bon & ſenſible aux cris des malheureux. » Je ſais que mon opinion doit vous déplaire : l’Europe, cependant, prend ſoin de la juſtifier, & j’oſe eſpérer qu’avant peu il n’y aura plus d’eſclaves. O Louis ! O Monarque adoré ! que ne puis-je en ce moment mettre ſous tes yeux l’innocence de ces proſcrits ! En accordant leur grâce, tu rendrois la liberté à des hommes trop long-tems méconnus ; mais n’importe : vous voulez un exemple, il ſe fera, quoique les Noirs aſſurent que Zamor eſt innocent.


LE JUGE.

Pouvez-vous les en croire ?


M. DE SAINT-FRÉMONT.

Ils ne peuvent m’en impoſer, & je connois plus qu’eux les vertus de Zamor. Vous voulez qu’il meure ſans être entendu ? J’y conſens avec regret ; mais vous n’aurez point à me reprocher d’avoir trahi les intérêts de la Colonie.


LE JUGE.

Vous le devez, Monſieur le Gouverneur, dans cette affaire où vous voyez que nous ſommes menacés d’éprouver une révolte générale. Il faut donner des ordres pour faire mettre les troupes ſous les armes.