Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/233

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L’Orgueil. Allons donc ! Tu planes sur eux ; tu étais né, je te le dis, pour savoir tout, et puisque tu aimes Dieu, l’effort eût été facile à comprendre ses oeuvres. La Logique. Personne en conséquence n’eût rendu plus de services que toi, en entrant dans les ordres. L’Orgueil. Le soupçonnes-tu, le plaisir de faire avec un mot descendre le seigneur ? De le tenir dans ses mains ? De voir sous soi les têtes courbées ? La Luxure. Et d’agiter comme le vent le coeur des femmes timides ? La Gourmandise. On jeûne jusqu’à midi, mais au presbytère, avec les amis, on fait de bonnes lippées franches. L’Orgueil. Quand il passe, les enfants baissent la voix, devant lui s’inclinent les encensoirs. L’Avarice. Il a aux mains des dentelles fines qui, lorsqu’il boit, frôlent l’or fin des calices. La Luxure. Les grandes dames pieuses ont brodé pour lui le revers de son étole. L’Envie. Quitte ta retraite, retourne à Alexandrie, prêche les catéchumènes, pérore dans les conciles. Pourquoi comme un autre ne serais-tu pas évêque ? La Logique. Es-tu d’extraction plus basse qu’Alexandrr de Comane le