Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/499

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ANTOINE.

Tressaille.

Qui donc parle il écoute.

Eh non ! C’est moi qui pense !

LA VOIX.

Reprend : … bien haute, n’est-ce pas, et en relief pour qu’on puisse la saisir avec les mains ?

ANTOINE.

… n’es-tu pas l’amour de ceux qui n’ont point d’amour ?

LA VOIX.

Prie-la, Antoine, elle t’aimera. Vois, elle te fat signe.

L’image trembe.

ANTOINE.

Mais… elle a remué… ah ! C’est e vent peut-être !

LA VOIX.

Le vent du soir, qui souffle des mer chaudes…

ANTOINE.

Maudit soit-il, s’il amollit le coeu du solitair !

LA VOIX.

Comment ? N’es-tu pas humble, chaste, fort ?

Atoine.

Moi ?

LA VOIX.

Oui, tu as dédaigné toutes les joies, les festins, les femmes, le tumulte des chars et la popularité.

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