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BUG-JARGAL.

avoir présidé à quelques sanglantes exécutions, s’était écrié :

C’était un spectacle affreux et imposant.

« Il faut plutôt des supplices que des combats. Les nations veulent des exemples terribles : épouvantons les noirs. C’est moi qui ai apaisé les révoltes de juin et de juillet, en faisant planter cinquante têtes d’esclaves des deux côtés de l’avenue de mon habitation, en guise de palmiers. Que chacun se cotise pour la proposition que Je vais faire. Défendons les approches du Cap avec les nègres qui nous restent encore.

— Comment ! quelle imprudence ! répondit-on de toutes parts.

— Vous ne comprenez pas, messieurs, reprit le citoyen général. Faisons un cordon de têtes de nègres qui entoure la ville, du fort Picolet à la pointe de Caracol. Leurs camarades insurgés n’oseront approcher. Il faut se sacrifier pour la cause commune dans un semblable moment. Je me dévoue le premier. J’ai cinq cents esclaves non révoltés : je les offre. »

Un mouvement d’horreur accueillit cette exécrable proposition.

« C’est abominable ! c’est horrible ! s’écrièrent toutes les voix.

— Ce sont des mesures de ce genre qui ont tout perdu, dit un colon. Si on ne s’était pas tant pressé d’exécuter les derniers révoltés de juin, de juillet et d’août, on aurait pu saisir le fil de leur conspiration, que la hache du bourreau a coupé. »

Le citoyen C*** garda un moment le silence du dépit, puis il murmura entre ses dents :