Page:Jean Paul - Pensées, 1829.djvu/14

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mes promenades solitaires ; je rencontrais en elles de ces affinités électives qui me captivaient entièrement. Ses images toujours ingénieuses, souvent bizarres, avaient pour moi un charme indéfinissable : quelquefois j’étais tenté de comparer ses ouvrages aux poésies d’Ossian. De même que le barde de la Calédonie évoque au son de sa harpe les ombres des héros des anciens temps, et les fait apparaître devant lui, enveloppées de leurs manteaux de brouillard ; ainsi Jean-Paul interroge à-la-fois le monde moral et le monde physique, il remue le cœur de l’homme et réveille en lui les sentiments les plus généreux si les visions qu’il nous présente se montrent quelquefois environnées de nuages, c’est qu’il les élève à la sublimité des