Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/313

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Couſtume de l’aſſuiettir,
Soit par face, ou façon, ou faute
De pouuoir l’humeur bruſque ou haute,
En y conſentant diuertir :
Par faute de méſler le ieu
Et les gais mots, par la doctrine
Se faire plaire, & peu à peu
Luy faire plaire la diuine
Racine de tout heur & bien,
Faſcheuſe quand on la propoſe :
Mais qui ne ſçait qu’en toute choſe
Qui bien ne gouſte n’aime rien ?
Or ſus donc (Sire) excite toy
D’vne courſe de Cerf, chantee
Brieſuement, & meſme la croy
Vraye, & non pas repreſentee.
Ie te voy ia (Sire) appreſté :
Car ayant ceſte matinee
A la volerie donnee,
A cheual tu es remonté.
Le buiſſon au matin ſ’eſt fait,
Faiſant beau, reuoir & cognoiſtre,
Et qu’vn bon chien eſtoit au trait
Dans la main d’vn veneur adextre,
Qtd voyant, iugeant, defaiſant,
La nuict parlant, & faiſant feſte
Au chien, qui vouloit de la beſte,
Et toujiours çà & là briſant :
Conduit tant par l’aſſentement
Du chien, que par ſa propre veuë,
Soit que par le pied ſeurement,
Le temps, & la route il ait veuë,
Qu’il ait les portees, ou bien
Les foulees, les repoſees,
Ou autres choſes aduiſees,
En ſon meſtier n’oubliant rien :
A deſtourné ſon Cerf, & fait
Son rapport, ſans que les fumees