Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/314

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Apporté dans ſa trompe il ait,
Pource que ſe trouuans ſormees"
En Aouſt & Iuillet ſeulement,
Par troches en Iuin, & encores
Par platteaux en May, du tout ores
Elles font hors de iugement.
Ia départis font les Relais,
Et pendant que moy d’ainſi dire,
Toy d’ainſi m’ouïr tu te plais,
Nous ſommes ia paruenus (Sire),
Au laiſſer-courre, il faut penſer
Dépiquer tant que tout tu voyes :
Voila, le Veneur ſur les voyes
Tient ſon limier preſt à lancer.
Ce limier l’auoit mené droit
Aux briſees, tant il eſt ſage,
Puis a touſiours ſuiui ſon droit :
Tant peut la nature & l’vſage
Les beſtes meſme façonner.
La meute des chiens ne demeure
Gueres loin apres, pour à l’heure
Bien decoupler & bien donner.
Ce Cerf, pauure Cerf qui caché
Dans l’épais du buiſſon ſe penſe,
Où ce matin l’a rembuſché
Ce meſme limier qui le lance,
De ſa vie en ſes pieds diſpos
Se fie, tous ces bois reſonnent
D’vn long gare-gare, & ſe ſonnent
Par ce tien Veneur deux longs mots.
Tout ſoudain que ce lancement
A nos oreilles ſe vient rendre,
On fait le prompt decouplement
Par quatre ou cinq longs mots entendre
Toute ame ſe peut aſſeruir
A ſes ſens : mais l’œil, & l’oreille,
Contens ici, par nompareille
Force nous peut poindre & rauir.