Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/323

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Soit oiſeau de leurre, ou de poing,
De petits chiens pour la remiſe,
Sages & bons, lon a beſoing,
Que peu ardens, & à la priſe
Iamais aſpres, lon doit choiſir :
Leur deuoir, auec l’aile bonne
De l’oiſeau, aux cuiſines donne
Du gibbier, & aux yeux plaiſir.
Ie te diroy bien comm’apres.
Il ſuiura le volpour riuiere,
Et quand de mares on eſt pres,
Ou ruiſſeaux, en quelle maniere
Les oiſeaux alors decouuerts
Se iettent à mont, là où vaine
Eſt l’attente, ſon ne prend peine
Que leurs gibbiers ſoyent bien couuerts :
De quels cris on vſe, & quels mots,
De quel egard & patience,
Pour faire tourner à propos
D’vn oiſeau la teſte, où lon penſe
Qu’il ait mieux ſur ſa proye l’œil,
De crainte que lon ne foruuide,
Comme on croiſe, comme lon vuide,
Contentant & l’œil & le vueil.
Les Ridanes ſont le gibbier,
Les Varriens, & les Sarcelles,
Sur tout le Canard, qu’vn Lanier,
Ny qu’vn faucon à tire-d’oele
Ne peut r’auoir, ſi quand il part
Il ne l’arreſte, & lors en terre
Fondant roide comme vne pierre,
Aſſomme ſous ſoy le Canard.
Ie te ſeroy encor’iouir
Du plaiſir que telle perſonne
Pourra donner ; faiſant ouïr
Le plaiſir qu’aux grands ſeigneurs donne
La haute Volerie, au lieu
Ou ore pour Milan, & ore