Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/325

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Et chacun y pique, & ſouhaite
D’arriuer premier, pour auoir
De ce Milan la queuë, pource
Que c’eſt le prix de telle courſe,
Qu’en ſon leurre on fait apres voir.
Or combien le vol pour Milan
A celuy pour Heron reſſemble,
Pour Fauperdrieu, ou Chat-huan :
Et combien tout differe enſemble,
Par ce meſme homme ſe diroit,
Et I’en reciteroy la ſorte :
Meſme puis qu’au faire elle apporte
Plaiſir, le récit en plairoit.
Ie diroy qu’vn Heron ſouuent
Dans l’air, ſouuent ſe trouue en terre,
D’où l’on le fait partir, auant
Que dans l’air on luy face guerre :
Et qu’on peut de Faucons ſ’aider
Pour vne telle volerie,
Ou de Sacres comme lon crie
Pour de ſon bec faire garder.
Ie diroy qu’en ce vol il faut
Des leuriers, pour le Heron prendre,
Et qu’à l’heure qu’il chet d’enhaut,
Les oiſeaux que lon a peu rendre
Si ſages, crainte aucune n’ont
Des Chiens : & ces chiens qui ſe dreſſent
Ainſi ſi bien, iamais ne bleſſent
Ces oiſeaux qui communs leur font.
Ie diroy cela qu’eſtans pris
Par leur bec, quelques Herons rendent,
Puis la curee, & puis le pris
Que les mieux faiſans en attendent :
Les bouts des ailes de l’oiſeau
Pour ſon leurre quelqu’vn remporte,
Et au Seigneur la houpe on porte
Pour en decorer ſon chappeau.
Le Fauperdrieu, & l’autre auſſi,